Antalgiques : toxicité et/ou mésusage
Le prochain retrait en France des spécialités pharmaceutiques contenant du DXP (dextropropoxyphène) associé au PCT (paracétamol) pose question après 45 années d’utilisation et d’expérience thérapeutique et clinique.
Il convient, en effet, au regard du « fameux » rapport Bénéfice/Risque – de distinguer la toxicité éventuelle intrinsèque d’une molécule active, à l’origine d’effets potentiellement délétères, et le mésusage accidentel et/ou volontaire qui conduit aux surdosages parfois mortels.
Dès lors, que l’on admet qu’un médicament n’est pas un produit anodin et qu’il convient de délivrer une information transparente et loyale, il faut aujourd’hui accepter que ce produit, pas comme les autres, comporte un potentiel de risques et de bénéfices multifactoriels et donc sociétaux.
Nos représentations, nos croyances, notre culture vont favoriser des comportements différents.
Ainsi, le recours au suicide médicamenteux semble plus développé dans les pays anglo-saxons.
C’est pourquoi, la France - par l’intermédiaire de l’Afssaps - avait pu mettre en place un programme de gouvernance de « ce » risque au regard du bénéfice reconnu. La prescription était médicalement encadrée, le conditionnement adapté et la délivrance sous la responsabilité du pharmacien.
L’harmonisation européenne face à ces antalgiques, ne doit pas se poser en termes d’urgence de santé publique. En revanche, la gouvernance de risques des médicaments vient de s’enrichir d’une réflexion sociétale quant aux comportements que nous pouvons avoir face aux médicaments.
La société civile, les patients deviennent donc incontournables. Il y a longtemps chez Antaria, que nous savons que la société civile « bien » interrogée est mature, raisonnable et à consulter de toute urgence pour éviter des décisions arbitraires ou décalés dans « son » propre intérêt !
