Avis de tempête du 29.01.09


L’amaigrissement a horreur du vide
La « nouvelle pilule anti obésité », pour reprendre l’expression du Parisien, n’a rien d’une nouveauté puisqu’elle est déjà commercialisée dans un dosage double sous prescription médicale. Ce médicament qui sera vendu sans ordonnance « inquiète » selon le journal et à juste titre car il est au cœur d’une tourmente qui a touché toutes les molécules qui a un moment ou à un autre ont voulu être indiquées dans l’obésité. Il n’y a qu’à aller sur Internet pour découvrir l’intérêt suscité par la plus petite promesse d’amaigrissement.
Ce n’est pas tant l’inconvénient pudiquement nommé « anti social »-que Doctissimo présente pour la version remboursée comme entraînant « fréquemment des troubles digestifs (impériosité des selles, graisses dans les selles, gaz, incontinence fécale »-qui va signer la crise. Non c’est le risque de dérapage que l’utilisation d’un médicament dont l’indication est le surpoids peut faire courir à des femmes et des hommes qui n’en auront pas forcément besoin. Il n’y a qu’à voir les 32 700 pages françaises consacrées sur Google à ce produit qui ne sera commercialisé qu’en Mai (Nom du médicament + obésité). Il est déjà au cœur de toutes les polémiques et rumeurs. Il ne serait pas efficace mais serait potentiellement toxique « certains commenceraient même à s’interroger sur l’incidence que cela pourrait avoir sur le cancer du colon », il serait pris comme laxatif …
Le contrôle de la dispensation par les pharmaciens, aussi sérieux soit-il n’empêchera pas l’adolescente anorexique de vouloir maigrir un peu plus. Il n’y a qu’à aller lire quelques témoignages sur les forums comme celui-ci : «Je vis aux USA, et le 10 juin [il] est sorti…Pub partout, témoignage de médecin…c’est la première fois qu’un traitement contre l’obésité est vendu sans ordonnance (mais il est moitié dosé bien sur!!) Je l’ai acheté..; je vous dirai ce qu’il en est, et je pourrai même le faire parvenir a certaines d’entre vous. » La prise en compte du retour d’expérience devrait être obligatoire à joindre à toute nouvelle demande d’AMM. En effet dans le traitement de l’obésité le bouche à oreille est souvent une des sources principales d’informations. Sur le Point.fr une représentante d’une association va même jusqu’à dénoncer « la stratégie marketing du laboratoire qui met en avant [son] l’aspect innovant […] alors que la pilule ne serait qu’une version allégée ».
Ce n’est pas chronique d’une crise annoncée, c’est déjà chronique d’une crise avérée.
A suivre
