Faut-il « tuer » le principe de précaution ?

L’absence de culture du risque et de politique de gouvernance des risques fait traverser à notre pays des périodes de crises convulsives et récurrentes. Notre principe de précaution se révèle un principe de blocage ou de destruction rarement un principe de bon sens et jamais une recommandation sereine.
Pis encore, entre le discours qui le tient et la réalité des faits, puis la prise de décision qu’il induit et les commentaires qui en sont faits, tout n’est que confusion et incohérence. Il faut tuer le principe de précaution et de toute urgence opter - comme le Canada - pour une éducation aux risques et des recommandations de prudence ! Plus de logiques d’affrontement aux prises de parole de minorités conquérantes … des résultats !
Depuis ce matin, toutes les mamans s’inquiètent bien sûr ! Nombre d’entre elles, d’ailleurs, n’attendent plus les commentaires des journalistes (- devenus, en une information, experts en chimie du plastique -) et ont jeté les biberons des bébés de la « mauvaise » ou des « bonnes » marques et se sont précipitées sur les biberons de verre, non dénués d’autres risques d’ailleurs !
Un composant de ces « dangereux » biberons serait impliqué dans le développement des cancers du sein et de la prostate, car la liste est longue de toutes les pathologies dans lesquelles serait incriminé ce produit.
Grand nouvelle, les Autorités françaises vont mettre en place des études, celles des canadiens n’étant sans doute pas fiables !
Voilà, selon le bon principe du syndrome du héros qui gère la crise (???), l’Autorité montre qu’elle prend des mesures, revendique sa transparence et pense ne pas alarmer l’opinion.
Tout faux ! Nous ne savons pas dans ce pays « révéler » des enjeux, éduquer à l’évaluation du Bénéfice/Risque et recommander des actions.
Nous communiquons ! Entendez, nous jetons un pavé dans la marre, induisons une logique d’affrontement stérile d’experts- pour ou contre - et annonçons que nous allons étudier. Pour le public, nous testerons la réalité de cette probabilité de survenue d’incidents - c’est-à-dire le risque – sur nos bébés ! Et c’est notre conception du principe de précaution.
Résultats dans 20 ans, mais des études épidémiologiques béton ! Entre temps, le produit sera mort, les résultats publiés ou non ne préoccuperont plus personne, mais on aura ouvert une « tribune » aux discours dévastateurs ou incantatoires de réassurance plongeant nos concitoyens dans le doute, mais une seule certitude : le danger est partout et les crises se multiplient. Mais à côté de la science on développera idéologiquement le manque d’éthique et de responsabilité de ces « industriels peu scrupuleux », on dénoncera le poids économique et la recherche exclusive de profits et on condamnera des « autorités laxistes voire complices ».
Voyez, c’est simple, les crises sont systémiques et quand on connaît le modèle on peut toutes les écrire d’avance !
Enfin, tout ceci fera des heureux les média et les spécialistes de com’ de crise… Ne rien vouloir apprendre et s’enorgueillir de principes absurdes et mal interprétés… ça use les cindynistes !
