Médicaments : Archétypes et illusions… vers l’affrontement ?

Comment en est-on arrivé à penser (ou à faire penser) que l’industrie pharmaceutique était plus proche d’une association de malfaiteurs que d’un acteur de santé publique ? Probablement parce qu’elle fut arrogante, maladroite et pas toujours bien conseillée, mais le danger qui la menace, au-delà de la crise de confiance, est sa mauvaise image d’hier – aujourd’hui véritable handicap institutionnel – qui lui conteste jusqu’à la légitimité même de ses brevets.

Tout le monde ne peut qu’approuver l’accès de tous aux soins, mais pourra t-on s’interroger sur ces efforts de solidarité posés comme exigences, sans être hérétiques. L’industrie pharmaceutique demeure le seul acteur à finalité ouvertement commerciale dans un monde régi « officiellement » par des règles exclusivement éthiques et déontologiques.

Particulièrement « encadrée », soumise à des contrôles drastiques et placée sous tutelle de l’Etat, l’industrie pharmaceutique n’a jamais su développer ce statut « d’exceptionnel » citoyen mais apparaît comme une activité douteuse sous haute surveillance.

Elle est accusée de tous les maux même si elle reste malade de cette double nature – aujourd’hui antinomique – productrice et commerçante de biens de santé publique. Quand on sait que ce qui vient du public devrait être gratuit, on comprend que l’on ne comprend pas qu’on laisse faire à cette « industrie de la mort » des profits honteux.

Les amalgames comme les erreurs de l’industrie pharmaceutique sont délétères puisqu’il est question, au nom de la conscience et de l’urgence, de s’approprier son « patrimoine » recherche comme bien commun !

Profits, protection, marques sont des mots vulgaires voire obscènes quand on voudrait entendre : aide, prise en charge et gratuité pour les malades.

On a seulement oublié que ces entreprises « privées » investissent et prennent tous les risques, qu’elles garantissent des emplois mais surtout ont la vocation d’apporter des réponses aux maladies des hommes.

Gagner de l’argent n’est déjà pas très bien vu mais dans l’univers santé cela devient indigne voire inique. Pourtant sans cette industrie aux innovations thérapeutiques parfois révolutionnaires, les maladies émergentes ou réémergentes risquent bien de nous menacer de plus en plus. Ce ne sont pas des innovations mais des « bricolages marketing » ? Ah bon, mais l’AMM – autorisation de mise sur le marché – puis la fixation du prix et enfin le taux de remboursement appartiennent au pouvoir politique non ? Serait-il incompétent, pis complaisant ?

Si le médicament n’est pas un produit ordinaire et anodin, s’il doit éthiquement être recherché, développé et promu, il convient de lui rendre sa valeur d’espoir auquel s’accroche tous ceux qui en ont besoin.

Trop souvent décrié, le médicament est attendu avec colère et indignation quand il fait cruellement défaut ! Alors de grâce, arrêtons ces procès au leitmotiv « consciencieusement » bien pensant, mais malveillant, pour exiger de l’industrie plus de transparence et mieux encore de la loyauté… et défions-nous de ces bien-portants qui trouvent que nous nous faisons empoisonner par les médicaments qui ont participé à notre incroyable espérance de vie, à l’éradication de certains fléaux infectieux et au combat contre les grandes pathologies modernes.

En revanche que l’industrie pharmaceutique se méfie de ses certitudes, de sa communication tapageuse et de la suffisance de ses actions ou réactions. Vous avez dit Humilité, vous savez, celle qui donne de l’humanité, pour comprendre et faire comprendre pourquoi et comment les hommes aiment les médicaments mais pas les firmes qui les fabriquent !

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