Sur médiatisation, surdimutité : Duo Ségo/Sarko… Remember Alamo !

C’est l’histoire d’un fort qui préfère le sacrifice à l’humiliation de la reddition ! Tous les héros US vont marquer de leur empreinte cette tragique ultime bataille face à l’armée mexicaine – qui « admirative » - acceptera avant le dernier assaut de laisser sortir femmes et enfants. Jim Bowie laissera son nom à un fameux long couteau et Davy Crockett y trouvera la mort.

Se sacrifier ou se saborder, that is the question ! Et même la question de la crise de la droite. Il est à craindre en effet que la campagne électorale nous offre quelques moments exemplaires de la constitution du « phénomène systémique » qu’est une crise.

Pour une fois dans une situation à « enjeux élevés » (de « pré-crise ») l’objectif est clair : la conquête de l’Elysée.

Les acteurs : nombreux, très nombreux et comme dans tout phénomène de crise avec des motivations diverses voire contradictoires, constituant la logique d’affrontement, préalable indispensable au blocage, mais inhérente à la démocratie.

Intéressant l’œil du cindyniste puisqu’au regard de ses définitions la démocratie est une situation de pré-crise ! En effet, la recherche de l’intérêt collectif, c’est-à-dire l’expression majoritaire, porte en elle cette formidable contradiction – ou confusion – entre ce régime décisionnel et la prise en compte de l’intérêt individuel au nom de la liberté et du respect… des minorités. Il faut dire qu’elles ont un peu évolué nos minorités, d’écrasées – et logiquement défendues au nom des Droits de l’Homme – elles ont tendance dans notre pays à se structurer sinon en groupes de pression au moins en minorités conquérantes. Ceci explique sans doute que 5% font parfois 100% de l’image (demandez aux Corses par exemple). Le problème est qu’elles font souvent 100% des décisions où l’on perd, dès lors, l’intérêt collectif, « démocratiquement » exprimé.

Pour palier ces légers « bugs », on consulte, on négocie et on vote. Le dernier souci est d’avoir parfois le choix entre la peste et le choléra, ou comme on a pu le lire sur les pancartes du « sursaut » républicain, celui entre facho et escroc.

Il convient donc d’être très prudent dans le management de cette crise de grande envergure puisque les « porteurs d’enjeux » représentent quelques 30 millions de votants…

Les porteurs d’enjeux sont tous les acteurs pour lesquels les activités à risques considérées, ou les menaces, sont associées à des enjeux positifs ou négatifs (rejet du « rapt » de la décision par les élites). La société entend être consultée sur les grands choix qui la concernent.

Ce qu’a très bien compris Madame Royal même si elle n’a pas pris le temps de nous expliquer d’où venait son « idée » géniale de la démocratie participative qui doit changer la « pooolitique » et nous donner un avenir.

Bref, une chose est certaine, exit les élites. En effet, la société française consciente qu’on lui ferait prendre des risques (sang contaminé, Tchernobyl, ESB, grippe aviaire, chikungunya etc, …) s’interroge légitimement sur la responsabilité de ceux qui les lui feraient prendre et plus seulement dans le domaine de la santé, de l’écologie, du développement durable, de l’économie… mais de la politique, globalement, et l’on comprend mieux sa défiance à l’égard de la classe politique.

Nous voici donc, dès lors qu’on nous « sonde » avec transparence et loyauté, exigeants et entendons être consultés plutôt que mis en demeure d’accepter, voire de subir, des décisions prises par une seule catégorie de personnes fussent-elles des experts ou des leaders.

Il est assez vain, Monsieur Sarkozy, de caricaturer et de dénaturer ce mouvement socio-culturel au risque de se laisser cataloguer en vieux « misogyne » grognon…Remember Monsieur Strauss-Kahn ! Non Ségolène Royal ne va pas à la pêche des idées – qu’elle n’aurait pas – mais à l’écoute de la société civile pour « cartographier » l’archipel des dangers qui la ferait échouer.

Et c’est autrement plus subtil que les sondages où à la question « préférez-vous être riche et bien portant que pauvre et malade », nombre d’éditorialistes et de chroniqueurs politiques dissertent sur l’étonnante réponse !!!

Il est seulement regrettable que Ségolène Royal, empruntant à la science des dangers cette excellente stratégie dont elle tire une remarquable communication, n’aille pas jusqu’au bout de la pédagogie et de l’éthique de la connaissance. Au Canada – pays de la cindynique et de la démocratie participative – les groupes de porteurs d’enjeux se sont inspirés des jurys de citoyens anglo-saxons en gommant justement ce qu’on pouvait leur reprocher, soit, la démagogie de l’illusion de la sanction par un peuple «éclairé ».

Il convient donc pour recueillir « une vision commune partagée » de réunir des groupes multi et transdisciplinaires pour objectiver un sujet et en favoriser le processus décisionnel qui doit demeurer aux politiques.

C’est une technique d’animation et de dynamique de pensées et d’intelligences qui est surtout une recherche de l’équilibre et de la limite des pouvoirs.

Et là, on sait que ce n’est pas le choix de
la France, quelque peu arrogante et prétentieuse au point de penser que seul l’ENA est la voie royale (et non la voix de Royal) pour exercer le pouvoir et la décision politiques.

Non, en France, on ne confronte pas l’avis des experts pour que chacun « admette » l’analyse de l’autre mais on nomme le « Monsieur quelque chose », estampillé expert d’un sujet même s’il ne l’est pas tout à fait dans la réalité. Ceci permet de mobiliser toutes les énergies contre lui – au moment de ses conclusions – et de semer encore plus de doutes et d’anxiété dans les populations.

Voilà, le regret que l’on peut avoir est de constater, dans ce pays, le détournement à son profit de ce qui peut faire l’honneur et l’espoir des démarches qui s’apparentent alors plus à des missions de service public qu’à la satisfaction des ambitions personnelles. Et là-dessus tous égaux !

Ainsi une fois ces enjeux révélés, nous allons pouvoir suivre en direct la constitution de la crise.

Première étape, toujours classique et systémique, chacun fait sa stratégie en fonction de l’autre. Sauf Ségolène Royal qui au contraire – cible de toutes les critiques – a su ne pas répondre se souvenant sans doute que
la France n’aimait pas Anquetil et préférait Poulidor. En un mot, les Français volent toujours au secours d’une victime et redoutent les vainqueurs « désignés ».

Deuxième étape : jouer la montre. Mais la stratégie d’attente est stupide, car le temps en gestion de crise joue toujours contre celui qui le subit.

Ainsi, comme de redoutables sondages, à l’époque, avaient prédit Chirac/Jospin, la droite comme la gauche savaient que « Ségo » serait mangée toute crue au deuxième tour par « Monsieur Stro ». Seulement voilà, Elle, elle savait qu’il ne fallait pas de deuxième tour et elle a monté sa stratégie sur cet objectif évident, d’ailleurs elle l’a dit et elle l’a fait… Il n’y a pas eu de deuxième tour !!!

Les lendemains de fête n’ont chanté ni pour les éléphants du PS, ni pour la droite ! Mais il fallait pour « installer » la crise ce qu’on appelle un facteur déclencheur. C’est quoi ça ? Par exemple, tout le monde connaissait le risque post-transfusionnel, mais il ne fut jamais révélé comme enjeu, de peur de renforcer les oppositions à la transfusion et d’effondrer les collectes de sang. On ignorait que l’on pouvait communiquer sur le fameux rapport Bénéfices/Risques qui, depuis, nous est servi à toutes les sauces. Il a fallu le VIH, rétrovirus transfusé, pour révéler l’ampleur de la crise et les dysfonctionnements industriels qui ont amené
la France à contaminer plus de 40% de ses hémophiles.

Notre facteur déclencheur c’est MAM et de Villepin. L’une jouant de ses écharpes à l’Isadora Duncan et l’autre de son bronzage irrésistible, « c’est pas l’heure du choix » s’écriaient-ils d’une même voix.

Et voilà la « machine à perdre » qui a changé de camp. Tout sauf Sarko, dans cette folie présidentielle qui Le porterait, à nouveau, en héro nous promet « maman » qui s’épanche dans les média.

Alors on se surprend au « non, on va pas recommencer » au risque d’un Ségo/Jean-Marie… Alors on attend l’intelligence de Sarko pour nous surprendre et nous rassurer… Il la renvoie aussi à ses fiches cuisine. Aïe !

Irrémédiablement les sondages s’inversent comme les commentaires d’ailleurs.

Mais j’ai peur, qu’après l’éloge, même la disgrâce médiatique de Ségo ne donne pas à Sarko le soutien de la presse qui ne l’a jamais choisi.

Alors… Il faudrait du souffle à la place de l’irritation, de l’originalité à la place de la reprise indigne des critiques, de la conviction à la place de la prétention, de l’empathie à la place du mépris… Vous avez dit charisme ? Oui c’est ça quelque chose de proche de l’espoir et qui ne nous condamnerait pas au petit matin de fort Alamo !

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