Making of
Un livre, c’est aussi un projet au long cours avec ses hauts et ses bas, ses découvertes et ses rencontres. C’est ce journal de bord que nous vous proposons de partager régulièrement avec vous. N’hésitez pas à réagir à nos lignes, à nous faire part de vos commentaires, à nous suggérer des pistes ou des références.
15 février 2007 - Olivier Cimelière-Cordonnier
« Quel travail de longue haleine ! Je n’imaginais pas qu’en acceptant le défi, je me lançais dans une fascinante exploration des risques et de la crise ! J’avoue que j’ai eu un peu le vertige quand j’ai achevé à la fin de l’automne dernier, le sommaire détaillé du livre et le planning de réalisation. Parce qu’en artisans besogneux que nous sommes, nous nous interrogeons souvent lorsque les premiers jets d’écriture prennent forme.
Sur la route malaisée de la cindynique avec Annie, nos réunions de travail sont très vivantes et nos discussions passionnées ! Tour à tour, chacun négocie âprement certaines phrases ou certains passages mais toujours porté par l’exigence d’être rigoureux et clair. Je l’admets en effet ! Je me laisse parfois emporter par une plume acérée qu’Annie tempère fort justement !
Aujourd’hui, je suis content et le livre prend doucement forme. Je viens de quasiment boucler le premier chapitre. Avant de plonger dans le cœur des crises en France et des logiques d’affrontement des acteurs qui seront la trame du chapitre suivant, notre lecteur va pouvoir se familiariser avec l’histoire des risques au cours de l’humanité. Une histoire qui se confond intimement et qui explique aussi pourquoi nous en sommes arrivés au point de rupture. Il va cheminer avec nous pour découvrir et comprendre l’essence de la cindynique. Il va revisiter des événements qui firent la Une des journaux ! J’ai hâte de lire les premiers avis des internautes sur le blog ! »
16 février 2007 - Annie Clerc de Marco
C’est difficile d’écrire un livre ! Je ne m’en sentais pas capable et pourtant très tentée de le faire. Mes étudiants me demandaient si j’en avais écrit un et mon associé Pierre s’énervait, quand des années plus tard parfois, apparaissaient des idées ou des concepts que je développais déjà lors de certaines de mes interventions.
Mais je suis soudain prise de doute voire de vertige.
Raconter, préparer une conférence avec passion, recevoir de beaux compliments après parce que « c’était tellement vivant, intéressant »… je trouvais cela très agréable… mais quand je me « relis » sous la plume d’Olivier, j’angoisse. Est-ce que cela va « les » intéresser ? Je ne confonds pas, en effet, quelqu’un qui vous a demandé un renseignement et quelqu’un qui ne vous a rien demandé du tout. Si le premier est « prêt » à recevoir des informations, le deuxième peut afficher une « indifférence normale » à des propos.
Et puis, il y a des passages où, comme le dit Olivier, on s’accroche un peu « la barbe, ce n’est pas tout à fait ce que je voulais dire…. ». En fait, c’est une épreuve, une sorte d’évaluation douloureuse. Mais soudain je reprends espoir à partir de cette confidence d’une éleveuse de porcs… Un jour, on m’a demandé d’intervenir à une assemblée générale d’éleveurs.
Bien sûr, me précise t-on « faites simple… » Un peu comme pour « cons et malcomprenants », selon Coluche comme il y a les sourds et les malentendants.
J’ai fait seulement vrai, sans concession en illustrant tous mes propos « trop intello » d’anecdotes, avec cette volonté de rendre accessible le tout petit savoir que je détenais et cette ambition d’éclairer.
Après mon intervention, une petite femme, menue, ravissante et qui sentait très bon « Angel », vint me dire seulement « merci Madame de m’avoir expliqué notre crise, vous m’avez rendu ma fierté d’éleveuse ».
Alors voilà en partageant, ce que d’autres gardent, on peut donner des armes pour comprendre, faire comprendre et faire se comprendre différents acteurs aux positions radicalement opposées. Se défendre, se protéger de l’agression, dénoncer des pré-requis, se remettre en cause et lutter contre les schémas mentaux, pour que chacun se responsabilise et progresse me semble plus honnête que de manipuler des esprits à partir de données séquentielles et forcément arbitraires.
Développer l’esprit critique, respecter les autres pour mieux vivre ensemble, c’est ce que m’avaient appris mes parents et certains de mes profs.
Alors famille je vous aime et profs, je vous suis reconnaissante d’avoir fait ce que modestement je suis.
