Accusés… Taisez-vous !
« Beaux, cultivés, avec ce qu’il faut d’ambigüité – les parents McCann sont-ils des victimes, des parents négligents ou des coupables ? Ils font jouer tous les ressorts de la communication moderne », le Monde du 25/09/07. Cet «appel» en Une me semble stupéfiant, faut-il être analphabètes, laids, pauvres pour faire un innocent «présentable» ?
Pourrait-on apprendre des crises passées ? Véritable erreur judiciaire ou manipulation perverse, la presse s’emballe et se rebelle avec les mêmes précipitations erratiques !
J’ignore si ces parents sont coupables ou innocents, ce que je constate c’est qu’après avoir été admirables, dignes et «entêtés», ils sont « ambigus ». Ah bon ? C’est terrible, c’est comme la toxicité d’un produit, il vaut mieux une bonne toxicité bien repérable et évaluée qu’une suspicion de toxicité.
Que lit-on dans l’actuelle campagne médiatique, qui a changé de camp ?
Des bribes d’informations sont reliées pour donner une cohérence explicative à ce qui demeure inimaginable, inacceptable : la mort d’une adorable fillette.
Nous voici avec la caricature des « personnalités ». Une mère qui pleure beaucoup est forcément innocente et celle qui se mûre dans sa douleur muette, une coupable.
La douleur de la disparition de leur enfant devrait-elle les rendre dépendants, crétins et silencieux ?
Les parents Tanay – lors de l’empoisonnement de leur fille Emilie – furent un temps suspectés parce qu’ils étaient « taisants » et le silence paraissait coupable. Aujourd’hui, les McCann ont la com’ stratégique et deviennent suspects… parce qu’ils parlent, faudrait s’entendre !
Ce « fait » divers s’annonce comme toutes les « grandes affaires » dès lors que les parents ne sont pas exonérés d’une responsabilité quelconque.
Les McCann suspectés parce qu’ils sont « trop » au regard des parents Tanay, par exemple, qui n’était « pas assez »… et si on laissait l’enquête se poursuivre ?
En précisant aussi aux policiers, magistrats et autres acteurs que la parole est d’argent, mais en l’occurrence, pour eux, le silence est d’or.
