Bisphénol ahhhhhhhhhhhh !

Fallait-il inscrire le Principe de Précaution dans la constitution pour ne pas prendre les mesures que les canadiens viennent, eux, de prendre sur le Bisphénol A. Deux attitudes radicalement différentes. Pour nos cousins le principe de prudence qui pourrait se traduire par « quand on ne sait pas on ne va pas ». Pour nous le principe de précaution qui peut se traduire par : « on a des doutes mais on va essayer de les lever et en attendant on prend le risque, même minime de se contaminer ».
Sur le site “health Canada” http://www.hc-sc.gc.ca/ahc-asc/media/nr-cp/2008/2008_59_e.html on peut lire, en effet, que : “The scientists concluded in this assessment that bisphenol A exposure to newborns and infants is below levels that may pose a risk, however, the gap between exposure and effect is not large enough […]To be prudent, the Government of Canada is proposing to reduce bisphenol A exposure in infants and newborns by proposing a number of actions: to ban polycarbonate baby bottles; to develop stringent migration targets for bisphenol A in infant formula cans; to work with industry to develop alternative food packaging and develop a code of practice; and to list bisphenol A under Schedule 1 of the Canadian Environmental Protection Act” premier Principe en matériovigilance.
En France sur le site de l’AFSSA, on ne trouve aucune trace de Bisphénol A dans leur moteur de recherche. C’est l’Agence Européennes de sécurité des aliments, l’EFSA, qui gère le dossier et on est heureux d’apprendre sur leur site http://www.efsa.europa.eu/EFSA/efsa_locale-1178620753812_1178703466879.htm qu’ils vont étudier les travaux canadiens et américains avec attention : « EFSA is examining all relevant information related to the U.S. and Canadian reports as we do when new scientific information becomes available. Following this review, EFSA will assess whether further consideration of its advice on the safety levels for bisphenol A is required and will provide an update on the outcome of its work. EFSA also stands ready to provide any further advice to the European Commission on this issue.”
Voila comment les européens « s’enfargent les pieds dans les fleurs du tapis » alors que nos cousins privilégient l’action, ce qui semble raisonnable quand il s’agit de l’avenir de nos chères têtes blondes. Mais il est vrai que le Canada est LE pays de la cindynique. http://www.chemicalsubstanceschimiques.gc.ca/manage-gestion/what-quoi/index_f.html
Faisons un peu de cindynique fiction, en écrivant la fin du film. Les associations vont monter le sujet en épingle, vont le médiatiser d’autant plus facilement que ce sujet touche la santé des plus fragiles : les nourrissons. Les industriels vont monter au créneau. On va assister à une confrontation entre des experts qui vont argumenter sur un risque infinitésimal, et d’autres « indépendants » qui vont arguer du risque patent de la bioaccumulation. On ne sortira pas de la logique d’affrontement qui signe la plupart des crises hexagonales. De toute façon, plus aucun biberon en plastique, contenant ou pas du Bisphénol A, ne va se vendre …quant aux dégâts sur la marque !
Pour plus de renseignements :
http://www.chemicalsubstanceschimiques.gc.ca/challenge-defi/bisphenol-a_fs-fr_f.html
