Chut… ils s’aiment à en mourir…

Il y a peu de temps le débat sur le choix de sa mort était relancé à l’occasion d’un « départ » particulièrement médiatisé. Le philosophe André GORZ a choisi de mourir par amour… et de nous le dire après. Peut-être pour nous faire réfléchir, aussi, mais autrement.

« Prévenir la gendarmerie »… C’est l’information que s’est autorisé André Gorz au public. Pour le « reste », il a écrit à ses proches. Alors, les hommages vont à l’homme de lettres le journaliste engagé et le pionnier de l’écologie politique.

Mais l’écho qui nous revient est cet amour indéfectible, indestructible qui lui fit choisir d’accompagner Dorine, son épouse.
Avec dignité, responsabilité, sensibilité et pudeur, il a fait - lui aussi – le choix de mourir sans déclarations tonitruantes, interpellation indignée ou dénonciation culpabilisante.
André Gorz est parti par amour avec cette élégance et cette discrétion qui permettent d’affirmer que la mort est toujours un vécu personnel, une décision solitaire et discrète quand on choisit de lui donner rendez-vous avant qu’elle ne vous prenne.
Une magnifique leçon de discrétion et de courage pour mourir dans la dignité et le respect de l’autre, des autres.

Un silence qui se prête tout autant à la réflexion à commencer par se dire que l’éternité se voit sans doute dans le regard de l’autre, plus que dans les média.

Un imaginaire qu’on se fabrique, qu’on s’appropriera peut-être plutôt qu’une lecture comme un diktat au droit individuel qui se voudrait pour tout le monde.
Comme un souffle léger et subtile d’une liberté qu’on vient de nous rendre, l’espace d’un geste de tendresse et de fidélité.
Une claque au sordide, à l’indicible et un véritable choix individuel en son cœur et conscience.

Car personne, à la place de Dorine et André Gorz n’a accompli ce qu’il leur semblait devoir faire.

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