Errare humanum est, perseverare…

Comment peut-on écrire tout et son contraire ? A la lecture de l’interview d’un Professeur, LE spécialiste de la grippe aviaire, dans VSD du 18 au 24 avril … je m’interroge. Nous avons le meilleur plan en cas de pandémie aviaire – même qu’on est copié ! – mais nous risquons, en cas de survenue, de mourir… de faim ! Enfin, espérons que la cape anti-virus (billet du 16/02/07) puisse nous permettre, entre autre, de continuer à faire nos courses, nous précise l’éminent pneumologue, même s’il ajoute que nous ne pourrons la porter qu’une heure !!!

Bon, on récapépète depuis le début, on ne s’énerve pas… on explique ! A l’étonnement du journaliste qui lui « reprochait » son « brûlot » annonçant 500.000 morts alors que nous ne dénombrons aucune victime en France, le professeur répond par un subtil distinguo : « on n’a pas dit qu’il y aurait 500.000 mort, mais que l’enjeu était de 500.000 morts, ce n’est pas pareil ». Ah bon ? Mais « l’objectif était de faire réagir les autorités » et là-dessus il, je ou, on, se décerne un satisfecit : Epatant notre plan ! Un modèle  !!

Car, qu’on se le dise, la situation est de « toute évidence bien pire aujourd’hui » ! Pensez, on ne réussit pas à endiguer la maladie chez l’oiseau !!! Non ? sans blague.
Et pourquoi ? C’est pas la bonne question car la réponse de l’OIE et des vétérinaires serait toujours la même : parce qu’on n’a pas fait ce choix stratégique d’aider les pays à éradiquer le H5N1, alors que cela était possible puisque réalisé à Hong Kong en 1997 (billet du 13/02/07)… Non on a préféré se mettre « à l’abri » et ériger une usine à gaz.

Aux dires du spécialiste, en dehors de Lui où tout sera prêt dans son service – si jamais les malades peuvent atteindre l’hôpital, rapport à la désorganisation des transports non pas inhérente à la pandémie mais aux choix de Monsieur Delanoë, sic – les médecins ne sont pas assez mobilisés (le Conseil de l’Ordre n’ayant pas mis ses troupes en « ordre » de bataille…) et les autres ministères pas assez impliqués.

Pourtant, sans rire, nous explique t-il, lors d’une simulation aux USA, la première cause de mortalité serait la faim !
Et oui, sans transversalité, sans relier, le plan des experts français s’avère à gros trous. Malheureusement, notre spécialiste ne s’interroge pas sur la différence entre l’organisation « papier » et les comportements de la « vraie vie ». Dire dans un plan, qu’il faudra constituer des stocks de survie en cas de confinement, c’est ne pas savoir que la grande distribution est en flux tendu et que chacun se précipitant dans son hyper, le résultat premier sera la pénurie immédiate. Un vrai beau et bon plan non ?

Heureusement, martèle t-il, en plus des antiviraux et des masques, la cape de Fred devrait nous sauver… 1 heure… pour faire des courses dans des magasins vides, par exemple !
Et ça fait quatre colonnes dans VSD. J’ignore si « une pandémie, c’est un tsunami qui ravage toute une société » mais ce qui semble évident c’est que les erreurs de représentation conduisent aux impasses stratégiques et aux drames.

De plus, ce qui ravage nos espoirs en une gouvernance de risques, efficace et réussie, c’est l’entêtement et l’arrogance d’un savoir… Saint Dynique priez pour nous !

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