Le H5N1 persiste… les mesures aussi !
Le H5N1 n’est pas éradiqué, en effet ! L’épizootie n’est pas sous contrôle dans les pays durement frappés et sporadiquement certains oiseaux, ailleurs, sont contaminés et meurent. Plutôt que d’entretenir l’angoisse, il serait temps d’expliquer la différence entre « fatalité récurrente » et gouvernance des risques.
Nous n’avons pas choisi d’aider les premiers pays de l’Asie du Sud Est touchés par le virus H5N1. L’épizootie a rapidement pris des allures de panzootie… Nous avons préféré « anticiper » et lutter contre une éventuelle pandémie de grippe aviaire grâce à un plan de lutte gouvernemental, des masques et des antiviraux.
Le H5N1 n’est pas un risque mais un danger, bien réel que certains pays (Hong Kong) avaient réussi à éradiquer. L’urgence, pour voir disparaître ce virus, eut été de donner la priorité aux vétérinaires et à l’épidémie animale. Mais en voulant montrer qu’on prend des mesures pertinentes, l’excellentissime communicant – ancien Ministre de la Santé – aidé de beaucoup d’autres, « priorisait » la menace de pandémie, conséquence incontournable d’une pression virale pouvant « favoriser » le réassortiment génétique et rendant le virus alors transmissible à l’homme. Car en cindynique quand on a la chance d’identifier la source du danger, on tente de s’y atteler pour la faire disparaitre ainsi avec elle les conséquences s’évanouissent ou s’amoindrissent. Elémentaire, évident non ?
Bon, sans cette stratégie, nous devons nous attendre à le voir et le revoir ce H5N1 « attaquer » et tuer des canards, des cygnes et peut-être nos volailles d’élevage. Il serait temps, peut-être de saluer la qualité de vigilance des vétérinaires terrain et les bonnes pratiques d’élevage de nos éleveurs. Condamnés à l’impossible, le résultat en gestion de risque (en l’occurrence c’est un risque de voir H5N1 « muter ») est exceptionnel. Mais combien de temps encore vont-ils devoir respecter des consignes drastiques qui ne peuvent être levées sans changement stratégique ?
Comment organiser un « marché » et sa communication pour nous permettre de choisir de manière éclairée les volailles que nous souhaitons manger. Car elles sont toutes confinées en temps de crise.
Alors ? Le mode d’élevage si « différenciant » deviendra t-il un handicap pour ceux qui revendiquaient la liberté des poulets, pintades, canards et autres ?
Finalement, un bon élevage c’est surtout un bon éleveur – « dehors » ou en « liberté » - il y a certainement d’autres critères à faire émerger pour que les consommateurs s’y retrouvent et que la sécurité sanitaire soit garantie.
Car demain, nos volailles en « liberté surveillée » vont devenir plus suspectes que leurs copines en bâtiment.
Comme quoi, la sécurité sanitaire n’est pas toujours un argument mercantile !
