Les bleus du stade
La pression monte en ovalie. Pour le moment, elle est essentiellement médiatique avec une percée de quelques quinzistes sur le flan publicitaire. Pas un seul canard en ce moment n’échappe à la fièvre bleue. Les joueurs commencent à être starisés avant d’être pipolisés en cas de victoire finale.Un de ceux que l’on voit le plus est Sébastien Chabal, « l’homme des cavernes » pour les néozélandais, dont le Point décline ses autres surnoms évocateurs : « l’Anesthésiste, Attila, Jésus ou encore Raspoutine. » Il monopolise cette semaine une partie de l’attention des hebdomadaires. En effet, dans le Nouvel Obs, « la nouvelle terreur des bleus » inspire un papier homérique dont le titre peaufine sa nouvelle stature de dieu vivant: « Chabal, serial plaqueur ». L’Obs complète d’ailleurs ce portrait de la brute au cœur tendre, par ce savoureux témoignage d’une « grande gueule» toulonnaise, celui du truculent intello du Rugby, Daniel Herrero, pour qui, avec Chabal « nous sortons des éphèbes plus gays que gais du Stade Français calibrés pour séduire la niaise et le benêt. C’est la revanche du poilu sur l’épilé. Chabal est rustique, on le met dans la caverne, au cœur de la mêlée. Joueur sacrificiel il est le joker qu’on envoie en pleine bataille pour en renverser le cours. » Ah, Ce n’est pas sur les joueurs de foot que l’on peut lire de telles envolées.
Fabien Pelous autre star du ballon ovale, futur retraité, s’il a sa photo pleine page en « couv » du FigaroTV Magazine, fait pourtant petit garçon a côté d’Hannibal Lecter, surnom de la marionnette de Sébastien Chabal sur Canal.
L’autre vedette rugbystique de nos media c’est évidemment l’amateur du jambon Madrange, Bernard Laporte, futur secrétaire d’Etat aux sports. Dans une interview d’anthologie du Figaro TV, le coach nous explique: « Pourquoi nous allons être champion du Monde ».On voit bien que la première qualité de Monsieur Laporte est l’humilité. Il ne doit pas oublier qu’on doit commencer par gagner notre premier match, contre les Argentins. Dans l’équipe d’Argentine il y a un joueur d’exception qui joue au Stade Français, pour « la niaise et le benêt ». Il s’appelle Juan Martin Hernandez. Agé de 25 ans, « ce prodige du ballon ovale » selon Le Point espère, lui, confirmer cet adage :
« Il ne faut pas vendre la peau du puma avant de l’avoir tué ».
