Les raisons de la peur…

L’Autorité publique n’a plus le monopole de l’intérêt général ! Malgré des procédures de sécurité, elle ne parvient pas à restaurer la confiance. C’est un constat qui doit conduire à une démarche de questionnement pour ne pas s’enliser dans les crises.

L’affrontement de la logique écologiste et de la logique scientifique à propos des OGM accentue et approfondit la crise.
Le problème n’est plus d’opposer la sécurité dans les assiettes et la recherche médicale, tout le monde reconnaît l’intérêt de la thérapie génique.
Le problème n’est pas de faire « parler » la société civile qui finit par ne plus rien comprendre, ni vouloir.
Le problème ne se pose pas en termes d’exemplarité, en s’y conformant ou pas, au regard de pays voire d’un monde de plus en plus OGM.
Il convient peut-être d’essayer de comprendre pourquoi cet univers fait peur. Comment ne peut-on pas, dans une démocratie « apaisée », évaluer les bénéfices et les risques et pédagogiquement les faire comprendre à l’opinion publique ?

Aujourd’hui, le monde « rationnel », scientifique et technique est de plus en plus anxiogène, car nous ne maîtrisons plus la technologie que nous consommons pourtant chaque jour. Il devient ainsi le siège de nos émotions et de nos plus grandes peurs.
C’est pourquoi le progrès - que l’on continue à nous « vendre » avec certitude et arrogance - mythe fondateur de la modernité, est ressenti comme un « trou noir » qui rend la société de plus en plus vulnérable. Les dernières crises alimentaires en sont des révélateurs éloquents.

En comprenant que l’analyse des risques n’est plus l’apanage des experts et des scientifiques mais doit s’organiser dans l’univers sociétal à partir de ses représentants, et pas seulement l’élite ou des minorités conquérantes, nous pourrons un jour connaître, puis reconnaître, l’intérêt comme les dangers liés aux OGM.

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