Manichéisme cosmétique

Le bio a le vent en poupe, même dans les cosmétiques où ils font fureur puisque 80 marques étaient présentes au salon « Vivre autrement » selon le journal Le Monde du 18 mars. Mais n’est pas bio qui veut puisque La DGCCRF en 2006 a « constaté des anomalies qui auraient normalement dû être relevées par l’organisme certificateur » […]

« Parmi les 47 prélèvements réalisés, 6 ont été déclarés non conformes ou à suivre à cause de la présence de produits de synthèse dans des produits qualifiés de « naturel » ou de « bio » ». […]
 « Un procès-verbal pour publicité trompeuse a été dressé à l’encontre d’une entreprise qui commercialisait des produits cosmétiques pour bébés en revendiquant leur caractère « naturel » alors qu’ils contenaient des substances chimiques. »

Le vrai problème n’est pas sur ces tromperies, il est plutôt dans l’innocuité que revendiquent la plupart des produits cosmétiques bio en raison de leur caractère. Pourtant qu’est-ce qui me garantit, à moi consommateur, que les plantes, les huiles essentielles et les diverses autres substances dites « naturelles » utilisées ne présentent pas de danger pour ma santé.

En effet, la journaliste du Monde concluant son papier  par : « les premiers consommateurs de produits cosmétiques au monde […] ne veulent plus s’enduire la peau de pétrochimie», va un peu vite en besogne car, à ce que je sache, ce ne sont pas encore les entreprises bio qui font le chiffre d’affaires de la cosmétique en France.  En outre, c’est sans compter sur la dangerosité potentielle de plantes qui peuvent se révéler bien plus toxiques que la chimie de synthèse. En effet la chimie de l’homme a une conscience alors que la nature peut être particulièrement destructrice. Ainsi la digitalis purpurea, la digitale, est une plante toxique, un poison terrible, mais que l’homme a su rendre précieuse, en créant une molécule originale, la digitaline, médicament puissant utilisé dans le traitement de l’insuffisance cardiaque.

La cosmétologie c’est donc comme la pharmacie et la seule réponse à apporter, que ce soit pour la « pétrochimie » où pour l’utilisation de matières premières dites naturelles c’est la cosmétovigilance. La sécurité est à ce seul prix, n’en déplaise aux  « marjolaines » de tous poils !  

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