Mission pas accomplie
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Mauvaise nuit pour l’industrie française. « On » a préféré Boeing et décliné le « block buster » de Sanofi-Aventis. Ah ces Américains… des gros nuls protectionnistes ! Quelle déception, pourtant on est si bon, il n’y a qu’à écouter notre communication…
Lutte contre l’obésité… ce n’est pas gagné !
La révolution thérapeutique présentée sur le site de S.A par son grand timonier, au charisme légendaire, n’a pas convaincu les Autorités américaines. Est-ce un incident, une crise ?
On pourra toujours en faire une si le premier réflexe est de se draper dans notre dignité française, arrogante, et de crier, exclusivement, à une sanction « attendue » de nos camarades d’Outre-Atlantique, toujours mauvais joueurs.
Ce qui est plus évident, c’est le « contexte » hautement sensible de l’industrie pharmaceutique où toute information sur des effets secondaires devient dévastatrice et compromet gravement le lancement d’un nouveau médicament.
Le « délire sécuritaire » interdit désormais le management de risques et l’analyse mesurée et objective d’un rapport Bénéfice/Risque.
Alors paradoxal, ce rejet quand on songe à l’urgence de santé publique que représente l’obésité – surtout aux USA ? Mais pourtant, légitime et bien normale, cette interrogation sur ce qui est retenu : le risque suicidaire…
Difficile de se positionner dans un univers où l’exigence de sécurité est toujours plus forte que la sécurité possible. Peut-être aurait-on dû avec humilité reconnaître, seulement, plus justement l’intérêt de ce médicament.
Intégrer aussi la peur – souvent confirmée – des Autorités à l’idée de constater une dérive de prescriptions. Maintenant, il faudra se défier de la couverture presse sur la chute de l’action car c’est la chute de l’espoir des patients qu’ils convient de surveiller et d’anticiper. Car il n’est pas interdit de penser, qu’en plus d’être des entrepreneurs aux contraintes commerciales de profit, les industriels du médicament sont d’abord des acteurs de santé publique. Il serait donc utile de le rappeler aux média avant que chercher, découvrir, développer et commercialiser des médicaments ne devienne mission impossible. Comme quoi une décision peut aussi avoir des effets délétères.
Finalement, la plus belle molécule du monde ne peut offrir que ce qu’elle a… Alors apprenons à relier et à éviter les crises.
