Remember Ariporc…
Ce dernier dimanche matin, l’interprofession régionale, ARIPORC, devait osciller entre la colère et la satisfaction.
Enfin, un expert les rejoignait… sept ans après !
Mais pourquoi donc furent et restent-ils inaudibles ?
Dans son excellent rendez-vous hebdomadaire sur Europe1, Dominique Souchier recevait Jean Viard - économiste, sociologue et directeur de recherche au CNRS - pour son livre « Lettre ouverte aux paysans sur un monde durable ».
L’interpellation au monde paysan fut jugée audacieuse… En effet, comment croire - même sans prendre parti en termes de vérité scientifique - que ces éleveurs, paysans et autres ruraux pourraient « exiger » un moratoire sur les OGM ?
Antaria y avait ajouté « en son temps » bien d’autres questionnements :
• Médicalisation en élevage,
• Naissage, élevage et abattage de la « responsabilité » de l’éleveur à la « reconnaissance » de la société civile,
• Pourquoi soutenir l’élevage français : Cinq bonnes raisons !
• Comment réconcilier la société civile et ses paysans…
Ariporc fut la seule interprofession à suivre un programme exigeant et manifestement « visionnaire ». Deux présidents leaders - A. Gaimon puis E. Van Remoortere - investirent dans l’intelligence de la réflexion et les démarches de confrontation pour oser gérer les controverses. Conscients des enjeux et désireux de redevenir des acteurs sociaux et des professionnels dignes de confiance, ils multiplièrent formations, déclarations et même démonstrations :
Manifestations « atypiques », ouverture d’élevages pédagogique, saisie de groupes mixtes professionnels / société civile et rencontres avec les média.
Leur engagement fut reconnu, leur éthique saluée… mais leur « dérangement » sanctionné !
Revendiquant de nouveaux devoirs pour équilibrer leurs droits, issus d’un moule de structure différent, précurseurs et pionniers de ce qui paraît évident - aujourd’hui - même à un expert « hors terrain », les « Ariporc » apparurent rapidement « dissidents ». Peu entendus, jamais suivis, ils demeurèrent « marginalisés » sans jamais renoncer ni douter, ils ont souvent été meurtris de tant d’entêtement à ne pas voir pour comprendre afin de faire autrement.
« Une véritable rupture - que dis-je - une révolution » prétendait D. Souchier « incrédule » à la voir s’imposer… Pourtant en Région Centre, une poignée d’hommes et de femmes, amoureux d’un métier indispensable, avait choisi cette voie de l’éthique et de l’acceptabilité sociale pour restaurer la confiance.
Alors comme personne ne semble ni le savoir, ni s’en souvenir, nous sommes heureux de le rappeler, car nous étions là, nous Antaria, pour les accompagner. Que cette initiative leur soit rendue au moins, même si on a toujours tort d’avoir raison trop tôt !
