Suivre ou pas l’avis des experts, that is the question !
Considérant que Madame la Ministre de l’Economie signe un accord avec le patron d’une boisson énergisante à base de taurine, l’autorisant en France,
Considérant que la boisson à base de taurine n’est pas LA solution pour redresser la balance commerciale de la France
Considérant que Madame la Ministre de l’économie ne suit pas les avis de l’Agence de Sécurité Sanitaire Alimentaire en désavouant ses experts
Considérant que les considérations suivantes de L’AFSSA en mai 2005 étaient pourtant plus porteuses de doute que de foi puisqu’elle estimait que :
- les enquêtes de consommation montrent que la consommation de ce type de boisson peut être élevée ;
- l’intérêt nutritionnel de la boisson pour les populations ciblées n’est pas démontré ;
- les données expérimentales toxicologiques ne permettent pas de se prononcer sur l’innocuité de la taurine et de la D-glucuronolactone ; elles apportent a contrario des éléments de suspicion de toxicité rénale pour la Dglucuronolactone et d’effets neuro-comportementaux indésirables, sinon durables du moins transitoires, de la taurine. Enfin, l’effet de la taurine sur la glande thyroïde mériterait d’être approfondi ;
Considérant que dans son avis du 30 janvier 2006 l’AFSSA confirme ses avis antérieurs et notamment que :
• sur le plan nutritionnel, la formulation du produit ne correspond pas aux besoins des sujets engagés dans une activité intense ;
• la mention sur l’étiquette de ne pas dépasser la consommation de deux canettes par jour ne permet pas d’éviter le dépassement des limites de sécurité pour les vitamines B3 et B6 ;
• les commentaires fournis dans le dossier ne permettent pas de répondre aux questions posées relatives à l’innocuité du produit aux concentrations préconisées.
On ne voit vraiment pas pourquoi Madame Lagarde autoriserait cette boisson pour la seule raison que 25 pays l’ont autorisée. A force de récuser les avis des agences françaises de sécurité sanitaire on va finir par se demander ce qui justifie leur existence.
Feu le principe de précaution ?
