THS à la française

On peut comprendre la confusion que suscitent des informations particulièrement émotionnelles comme les informations santé destinées au grand public. Cette confusion est illustrée par deux articles, paru dans le Parisien  et le Monde datés du 23 janvier. Le sujet est  une étude du nom de « Mission », la bien nommée quand il s’agit  « d’essayer de prouver qu’il était possible de prescrire un THS aux femmes qui en ont  besoin  et qui n’ont pas de contre-indication » selon le coordinateur de l’étude cité par Le Monde.

Après les deux études américaines et anglaises qui avaient mis en évidence l’augmentation du risque de cancer du sein chez les femmes prenant un THS, la prescription en France avait considérablement chuté suite aux recommandations de l’ANAES.

Si pour le Parisien il s’agit du « retour en grâce des traitements hormonaux », pour le Monde le traitement à la française serait sans risque, bien que « les épidémiologistes  [soient] sceptiques. » En effet le Monde relève qu’il existe « des différences entre les femmes des deux groupes » traités et non traités rentrant dans cette étude. « Cette différence est critiquable mais intéressante » selon un membre du comité d’experts de cette étude, car « elle reflète ce qui se passe dans la vie réelle, les gynécologues français choisissent les patientes…et excluent les femmes présentant un risque potentiel ». Quoiqu’il en soit on peut lire en conclusion de l’article du Monde « pour l’heure le recul est d’un an. Dans l’étude britannique…les cancers apparaissaient après un an »…il serait donc urgent d’attendre.

Pourtant la tonalité du papier du Parisien est tout autre : « Tout dépend du THS utilisé »d’autant que « les traitements hormonaux couramment utilisés par les  françaises…ne sont pas risqués » qu’il « faut utiliser le traitement tôt» d’autant plus « que c’est un traitement à la carte »…Alors qui croire ? que faire ?

Que doit faire une lectrice du Parisien également lectrice du Monde ? Ecouter la Fédération nationale des collèges de gynécologie médicale et l’instigateur à l’origine de cette étude, ou se fier aux épidémiologistes qui semblent plus circonspects ?  Il serait urgent d’anticiper les conséquences d’un retour des THS qui devraient revenir en force si l’on en croit la « Mission » presque sacerdotale et l’information qui commencent à diffuser notamment sur Internet auprès des françaises si différentes des femmes anglaises et américaines.

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