Du palais de la Mamounia au « Versailles volant »…
Notre Ministre des Affaires étrangères risque bien de devenir notre ministre des affaires tout court. Après un petit mouvement d’humeur de sa compagne qui avait ruiné sa suite à la Mamounia et dont on ne saura finalement jamais si la facture de réfection a été réglée par le quai d’Orsay (Canard Enchaîné)… le voici au cœur de nouvelles turbulences.
135.000 Euros le « Versailles-volant », aux dires mêmes des journalistes, pour apporter des traitements anti Sida. Scandaleuse, s’offusque t-il, la critique de cette noble cause et prompt à nous fournir l’appel d’offres et les factures correspondantes ! Et oui y’avait plus d’avions de
la République disponibles !
Au fait, ils étaient où les autres… enfin bref, la polémique fait rage à « on refait le monde » sur RTL, où – corporatisme oblige – certains éditorialistes estiment que, bon ! On va pas en faire un plat que nos politiques doivent travailler confortablement et nos rédacteurs manger autre chose que du poulet froid (sic) ! Ah ?
Un avocat brillant et indigné, à qui ceux qui troquent le plus souvent leur stylo contre la robe de juge reprochaient d’être plutôt procureur, posait le problème en ces termes : ce n’est pas tant le coût (pourtant exorbitant) du déplacement que le déplacement lui-même sur lequel il faut s’interroger. Ainsi est-il normal d’emmener aux frais de la princesse, et dans un 5 étoiles luxe, 12 rédacteurs - même les plus fines plumes de nos journaux - pour relater ce que d’autres pays ont fait avec la même légitimité (ça c’est pour la cause) que
la France mais en toute discrétion et à un coût de 8.256,76 Dollars !!! (exemple le Canada).
Et ce qui est curieux c’est que les journalistes eux-mêmes ne comprenaient pas le « réquisitoire ». Il faut dire que la presse entretient une intimité toxique avec le pouvoir. Tant qu’il s’agit de sexe c’est plutôt rigolo – mais ce luxe ostentatoire et cette massive présence aussi inutile que complaisante est-elle aussi plaisante ?
Moi, j’aime bien les blogs où l’on peut se surprendre à espérer un « rappel à l’ordre » de cette connivence par la société civile.
Ce rapt et cette confiscation du pouvoir est insupportable entre les deux puissances les plus emblématiques et garantes des vraies démocraties que sont la presse et les politiques. Mais pour répondre à ces exigences de liberté, on doit veiller à la responsabilité, la transparence et la loyauté… et donc à l’éthique et la morale des affaires.
Sont-ce là des mots dont le sens deviendraient ou seraient inconnu à nos représentants, élus et rédacteurs ?
Alors vive la crise de la morale publique et des affaires !
