L’enfileur de perles
Jean Pierre Elkabbach doit prier le bon dieu de savoir Nicolas Canteloup éloigné d’Europe 1 le temps de son spectacle à l’Olympia. En effet, moqueur, il n’aurait pas manqué de fustiger « la première grande faute de [sa] ma carrière » à savoir l’annonce d’une mort trop prématurée, en prenant la voix de notre ex regretté et retraité chanteur animateur de « la chance aux chansons. »
Rétrospectivement l’interview de J-P Elkabbach titrée : « Ne plus se laisser envahir par une dictature de l’émotion » dans la Croix du 11 avril dernier prend une saveur toute particulière. http://www.la-croix.com/article/index.jsp?docId=2334801&rubId=1097
On y lit en effet avec bonheur ses quelques moments de bravoure et d’anthologie déclarative :
« À l’ère de l’immédiateté, de l’apparence, de la dictature de l’émotion, la contagion est générale. À la manière du marché boursier, il y a une hypersensibilité et une hyperréactivité à toutes les nouvelles, vraies ou fausses ». Il se pose même une question dont il a obtenu depuis la réponse grâce à cette gaffe monumentale : « quelle est la part du vrai et du faux, de l’annonce et du ragot, du savoir et de l’opinion ? ». On imagine bien en lisant La Croix, ce que serait son métier s’il se laissait aller à la facilité, ce qui n’est certainement pas son cas quand on découvre que : « Tout ce qui relève de la vie privée, de la « peopolisation » du politique n’est pas relayé par notre rédaction. »
Il a juste omis de citer le premier article de la déclaration de principe de la Fédération Internationale des Journalistes sur leur conduite professionnelle : « Respecter la vérité et le droit que le public a de la connaître constitue le devoir primordial du journaliste. »
Finalement un « autre grand communiquant » avait vu juste, il y a quelques années, en lui intimant : « Taisez-vous Elkabbach » ? C’est en effet la seule manière de ne plus enfiler les perles.
