La guerre des boutons
Vingt fois sur le métier… d’accord, mais je suis désespérée de voir et revoir et rerevoir les mêmes causes engendrer les mêmes effets. On doit adorer « s’enfarger les pieds dans les fleurs du tapis » comme disent les Canadiens.
Certaines bourdes font sourire tant elles sont de mauvais Calemontebour… mais d’autres informations me désespèrent comme l’alerte de l’AFSSAPS sur un produit majeur (Isotretinoïne) contre l’acné (journal Europe 1 ce matin). Cette révolution thérapeutique lancée en 1984 dont l’indication demeure l’acné sévère est tératogène, il n’a pas quelques petits effets secondaires mineures, il entraîne des malformations fœtales. Son rapport Bénéfice/Risque fut pourtant analysé de manière pertinente par nos Autorités, au regard d’une pathologie souvent invalidante et particulièrement mal vécue par les adolescents.
La firme pharmaceutique à l’origine du lancement de cette innovation thérapeutique, avec éthique et responsabilité, a veillé à l’encadrement de sa thérapeutique. Depuis… les génériques aux multiples marques, le succès de ce médicament et son bouche à oreille, le trafic sur internet devaient inéluctablement modifier l’accès au médicament. N’était-ce pas prévisible ? Quand un danger ne peut être éradiqué, mais que la sécurité peut être assurée et garantie, il ne faut jamais baisser la garde.
La contradiction est qu’il y a quelques jours, on « raillait » le rôle d’éducation des laboratoires à l’observance des traitements au nom du « procès » en profitabilité. Alors, qui peut et doit assurer cette gouvernance des risques ? A moins que la France n’aime trop la surmédiatisation des crises, qui ne devraient pas en être, au risque de « flinguer » des produits essentiels, des activités légitimes et des images garantes de la confiance.
