Mouammar Kadhafi, maillot jaune
L’actualité se partage équitablement entre la libération des infirmières et du médecin bulgares et l’exclusion d’un des favoris du Tour de France, le Kazakh Vinokourof.
Pour le premier sujet, si tout le monde se réjouit de leur libération, le fait que la première dame de France y ait participé en agace quelques uns fortement.
En particulier, la gauche qui trouve là un sujet d’opposant en or, en fustigeant le rôle de l’épouse du chef de l’Etat et l’absence du quai d’Orsay.
En second, les media qui rajoutent de l’huile sur un feu qui ne demandait qu’à se développer tant l’activité du Président rompt avec les habitudes prises par les précédents locataires du château. Le principal, semble t-il, c’est que ces malheureux otages, qui ont été torturés pour leur faire avouer leurs prétendus crimes, soient enfin libérés. Selon le professeur Montagnier qui s’exprime largement dans les media français, ce ne sont pas les personnels bulgares qu’il faut incriminer mais les conditions d’hygiène déplorable de l’hôpital de Benghazi.
Pourtant, il semble que s’il y a otage, il y a aussi des ravisseurs. Si la libération de ces bulgares coute 461 millions de dollars qui heureusement viendront en aide aux petites victimes du sida, la rançon risque d’être plus lourde. L’Union Européenne vient de moderniser l’hôpital de Benghazi pour 2,5 millions d’Euros et ce n’est pas fini. Le Figaro nous fait un inventaire à la Prévert puisque la Libye exigerait: « un accès le plus large possible des exportations libyennes vers le marché européen, notamment des produits agricoles et de la pêche, ; une aide technique et financière dans l’archéologie et la restauration » la fourniture d’un dispositif pour la surveillance des frontières libyennes ; des bourses d’études et de formation pour les étudiants libyens dans les université&s européennes dans tous les domaines ; des visas Schengen de classe A aux ressortissants »…On commence juste à entrevoir le prix à payer pour « normaliser nos relations avec l’Etat libyen » ce qui pourrait donner en outre des idées à d’autres Etats voyous.
Oui, on parle de normalisation des relations avec la Libye ? Mais de qui se moque-t-on ? On oublie un peu vite les 170 morts du DC-10 d’UTA qui a explosé en vol en 1989, au dessus du Niger. Les responsables, dont le beau frère du colonel Kadhafi, ont été condamnés par contumace.
10 ans plus tard, les infirmières bulgares étaient emprisonnées.
Pour le deuxième sujet que m’inspire la presse du jour, je réagis juste à l’interview de Roselyne Bachelot, faite par Richard Arzt, ce matin, sur RTL. Pour sauver la grande boucle, notre ministre nous informe, décidée : «dès que le Tour va être terminé, je vais organiser une confrontation entre les différents acteurs. C’est à dire l’Agence Mondiale contre le Dopage, l’Union Cycliste Internationale, les organisateurs du Tour de France, les offices qui s’occupent de la répression des trafics, pour faire en sorte que chacun soit mis devant ses responsabilités. » Il manque juste un acteur essentiel. Cet acteur, moteur mais aussi victime du dopage, c’est le coureur cycliste en tant que tel.
Notre nouvelle ministre à double casquettes pense peut être que c’est à l’insu de son plein gré que quelques coureurs usent et abusent de substances dopantes!
A part ça beau temps sur toute la France…une fois n’est pas coutume !

juillet 25th, 2007 à 23:57
Certes, des infirmières boucs émissaires faciles ont été libérés des prisons libyennes et sauvées d’un sort funeste ! Mais à quel prix ! Passons sur la mascarade de diplomatie parallèle en la personne de Super Cécilia ! Passons sur l’opportunisme sans complexe de Sarkozy qui récupère à peu de frais les négos entamées depuis plusieurs mois par l’Union Européenne ! Il faut surtout retenir l’absence d’éthique qui entache ce deal en apparence humanitaire ! On permet à un criminel patenté de se refaire une virginité diplomatique sur le dos de Bulgares bien pratiques. Une seule règle dans ce show peu reluisant : business is business ! Faites chauffer les carnets de commande ! La Libye (l’alibi ?) a besoin de centrales nucléaires, de routes, d’infrastructures ! Comme c’est marrant ! C’est justement ce que M. Bouyghes vend, ce que M. Kron fabrique, ce qu’Areva rêve ! Un joli petit trio qui fut très récemment farouche supporter de “Nicolas est partout” ! Qu’importe la morale pourvu qu’on ait l’ivresse médiatique ! Lire à ce propos la chronique de JL Missika dans les Echos du 25 juillet en page 2 ! Instructif et … déprimant !