« Mort, où est ta victoire ? »
Il est des sujets, des interrogations qui ne se posent pas à partir de la dualité simpliste du oui/non. Je ne taperai ni sur la touche 1 pour, ni sur la touche 2 contre l’euthanasie.
A l’heure, mon heure j’ignore si j’exigerai ce droit à mourir dans la dignité, comme si d’autres aimeraient la déchéance et l’indignité !
J’ignore si j’aurai le courage, la conscience de…
J’ignore si j’aurai peur, mal…
J’ignore si je serai seule, abandonnée… entourée, accompagnée…
J’ignore comment elle me prendra cette faucheuse traîtresse.
Totalement absente de notre société, aseptisée, cachée, la mort est devenue injuste, inacceptable quelque soit son heure d’arrivée.
On peut tout aborder – aujourd’hui – le sexe, la politique, la bouffe, les affaires mais pour plomber l’ambiance d’un dîner mondain ou de copains, invitez-la et constatez…
Peut-on bien ou mal mourir ? Choisir d’aider ceux qui veulent bien mourir est-ce ainsi qu’il faut poser le problème comme si certains, bien sûr, voudraient mal mourir ? Est-ce à grand renfort associatif et médiatique que l’on va peser sur un droit qui ne peut trancher sur une décision, une plainte individuelles ?
Pas plus que la science n’est là pour dire où est le bien et où serait le mal, le droit ne peut s’imposer sur ce qu’il convient de faire ou de ne pas faire. Les médecins, souvent impuissants, ne sont ni des anges exterminateurs, ni des indifférents. L’autre dialogue singulier est celui avec leur conscience et il sera délicat de déterminer celle qui sera la bonne, de celle qui est la mauvaise.
La société s’interroge, veut se garantir, se protéger sur la seule chose qui ne lui appartient pas.
Reste que les procès sont douloureux, qu’ils révèlent un immense désarroi et parfois des déviances. Qui peut se prévaloir de « revendiquer » la responsabilité de « donner » la mort ?
Il n’y a rien d’admirable ou de pitoyable, il n’y a que de l’écoute et de l’empathie qui se marient mal avec une mobilisation tapageuse. Il n’y a que cette fantastique et terrifiante interrogation, vivre pour mourir, comment faire pour accepter, se préparer… ? À chacun sa réponse.
