Au salon de l’agriculture les volailles sont de retour… et en Europe, H5N1 aussi !

Un être humain envisage d’autant plus facilement un évènement que son cerveau peut s’en faire une représentation détaillée. L’an dernier, les média ont été les champions de cette pédagogie de la découverte des faits.

Cartes aux grandes flèches d’invasion à l’appui (c’était pas sûr mais au moins dit), la pandémie aviaire était aux portes de l’Europe, que dis-je, de la France puisqu’on nous prévoyait 500.000 morts. La filière avicole s’écroulait et les poules de toute plume étaient interdites de salon…

On stockait des anti-viraux et des masques. Heureusement, cette année, exclusivement consacrée à l’élection présidentielle, les rédactions ont mis la pédale douce sur ces prévisions apocalyptiques.

D’ailleurs, la santé est paradoxalement, totalement absente des programmes des différents candidats alors qu’elle demeure dans les études, une des premières préoccupations des Français. Mais bon !

Seulement voilà, comme on a rien fait contre la panzootie, et qu’on ne parle plus de pandémie… « H5N1 II le retour » risque d’être le plus mauvais film primé au festival de la communication de crise.

Dans l’espace médiatiquement - réduit maintenant – réservé aux grandes peurs, H5N1 s’offre timidement quelques intertitres « le risque de pandémie humaine plus grand » pour le Parisien (30/01/07) et pour le Monde  (31/01/07) « Grippe aviaire : le virus H5N1 effectue un retour en force depuis le début de l’année ».

Mais alors que fait le ministère de la santé – si prompt l’année dernière à nous expliquer avec transparence son plan de lutte ? Et bien, cette année il respire sans tabac et travaille son plan de sommeil (6 millions d’Euros prévus… en com !) pour être plus performant en campagne électorale !

Voilà, comme d’autres vous l’ont dit quand il n’était pas temps, aujourd’hui on vous dit « que vous ne pourrez pas dire que vous ne saviez pas » !

En conclusion, soit il était légitime de mobiliser mais alors quelles mesures ont été prises depuis qu’on n’en parle plus ? Soit à force de crier au loup la mobilisation est plus délicate au moment où il faudrait vraiment, et ça c’est un des grands fondamentaux de la cindynique.

Soit nous avons appris des crises, les média sont vigilants et nous informent avec mesure et nous sommes éduqués et prêts à faire face à la grande menace. A moins que tout cela ne ressemble à une décrédibilisation des experts et des Autorités comme de leurs recommandations et actions passées.

Va savoir ?

Laisser un commentaire