Complexité… héréditaire !

La science n’a pas vocation à dire où est le bien, où est le mal. Elle apporte, à son rythme, des réponses à certaines questions. Elle s’assure de la reproductibilité de résultats avant de trancher. Elle n’est ni de droite, ni de gauche, mais la science « s’exprime » par des avis d’experts, ou non, qui eux ne sont peut-être pas au dessus de tous soupçons… comme celui du biais d’interprétation.

Aucun débat ne peut se limiter à une composante « dominante » et celui de l’inné et l’acquis n’échappe pas à la règle. C’est le recours au fantasme de l’expertise scientifique, pour imposer son opinion, qui sous-tend la polémique actuelle.

La réflexion que l’on pourrait avoir serait de s’interroger sur l’évolution du statut d’expert avant que tout ne se transforme en logique d’affrontement décrédibilisant les hommes comme les travaux.

L’expert est-il le garant du savoir ? Encore ? On considérait « avant » l’expertise comme une garantie d’indépendance, d’objectivité, de rigueur scientifique fondée sur des faits têtus et incontournables. L’expertise était la vérité, la sanction entre le vrai et le faux. La science devait nous libérer des mythes et des superstitions. C’était imaginer l’expert, les experts, sans influence d’opinion personnelle et de jugements « subjectifs ». Ils ont conquis, capté, « rapté » un pouvoir colossal. De leurs connaissances à la surpuissance voire l’arrogance du pouvoir de savoir, l’expert est bientôt rattrapé par son non-su et face à ses déclarations précipitées, qui anticipent souvent La connaissance scientifique, le su n’est plus que le cru au travers des média ou au détour d’une conversation.
Aujourd’hui, l’expert livre des faits, mais son avis n’est souvent que le reflet du vieux fantasme d’une science absolue des certitudes.

On consomme de l’expert, on l’utilise comme éclaireur de décisions voire de l’avenir. Le recours officiel aux experts étaye le choix des Autorités, décideurs publics, des personnalités politiques, sur des données scientifiques qui pensent renforcer ainsi la légitimité de leurs décisions, actions, déclarations.

Enfin, la médiatisation des controverses scientifiques participe au trouble et au sentiment d’insécurité ou de manipulation de la population.
Ainsi, l’expertise scientifique n’apparaît plus comme étant au dessus d’intérêts et d’enjeux, nous conduisant à une méfiance à l’égard des Autorités et des institutions publiques, des politiques et des actions, des programmes, des propositions comme des experts eux-mêmes !

Alors retour à la thèse et l’antithèse comme si la dualité ne devait être que le choix possible entre être d’accord ou pas d’accord… comme dans les sondages !
Sans l’acceptation de la complexité, la révélation des enjeux et la volonté de gérer des controverses , nous nous acheminons vers la société du blanc ou du noir, du vrai ou du faux, du bon ou du mauvais… Mais la science nous offre peut-être cette autre démarche : Que faire de ses conclusions ?

Cela nous éviterait de lire, comme dans le Figaro de ce jour, « Ne politisons pas la génétique » d’une part, et « l’hérédité est une réalité scientifique établie » d’autre part.

La démarche de questionnement, dans cette société de l’instantanéité duale, serait-elle génétiquement menacée ?

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