Aux réflexions citoyens…

La sociologie des risques, la loi de la précaution et la gouvernance des risques avaient déjà montré que la société civile – consciente qu’on lui faisait prendre des risques – s’interrogeait légitimement sur la responsabilité de ceux qui les lui faisaient prendre.
Les secteurs sensibles, les activités et entreprises à risques étaient très directement visés. Aujourd’hui, chacun découvre qu’il n’y a plus d’impunité managériale. Ce qui est surprenant est que cela surprenne !

Pendant des années, chez Antaria, nous avons œuvré pour un rééquilibrage d’une communication exclusivement tournée vers les actionnaires, les média… l’externe ! L’interne est pourtant une priorité. Premier vecteur d’image, ce public a d’ailleurs été négligé. Le temps n’est pas si loin où nous alertions sur ces communications arrogantes et dévastatrices des grandes fusions jusqu’à engendrer des livres où l’on expliquait que dans une fusion il y avait un gagnant et un perdant et qu’on allait vous expliquer comment être dans le camp du dominateur !

Les cultures d’entreprise se sont donc appauvries, les collaborateurs ont été laminés et aujourd’hui les dirigeants ne sont plus légitimes. Pis encore, les structures se sont vidées de leur sens et de leur contenu par des stratégies à court terme, exclusivement organisées autour d’une notion de profits… de quelques uns.

L’entreprise ne sait plus dire qui elle est, ce qu’elle fait, comment, pourquoi et avec qui, mais juste combien elle pèse et gagne.
Sous l’opprobre social - aujourd’hui - ce discours ne séduit même plus les actionnaires qui peuvent être aussi des citoyens responsables. Personne ne risque à s’exposer pour des entreprises qui incarnent l’indécence.
L’éthique est individuelle et ne se décrète pas, mais la vision commune partagée s’impose, et le corps social ne distingue plus pour quoi travailler. La valeur « travail » n’a manifestement pas triomphé des discours de changement.

Il est  temps que les grandes entreprises - surtout quand elles sont privées et qu’elles ont une responsabilité sociale telle qu’elles s’assimilent à un service public - prennent le temps d’écouter.
Le premier risque d’une entreprise est de ne pas savoir et si les investissements se multiplient dans les baromètres de satisfaction, il est temps de s’apercevoir que l’on peut être crédible mais pas forcément légitime.
Dès lors, la sanction tombe, bien faire son métier n’est pas un plus, un différentiel de reconnaissance mais juste un dû pour lequel ces entreprises semblent trop bien payées. Ainsi, malgré des scores staliniens de satisfaction clients, l’entreprise se constitue un handicap institutionnel compromettant son développement. Il est peut-être temps d’abandonner les fausses bonnes réponses pour oser poser les véritables questions, celles qui vont permettre de comprendre, comment faut-il restaurer la confiance et reconquérir une image.

Pas sûr que les sondages binaires - d’accord / pas d’accord - aident beaucoup à la compréhension d’une société plus subtile et exigeante. Alors prenons garde…
Le temps passe, entendez-vous dans nos campagnes…

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