L’AmfloRATA : C’est pas… mais ça viendra !

L’EFSA (Agence Européenne de sécurité des Aliments) vient d’émettre un avis positif quant à l’autorisation, par Bruxelles, de la culture d’une patate OGM, l’Amflora.
Voici la « brève » d’information que nous aurions - pu, dû ? - lire dans nos journaux parce que l’EFSA c’est pas de la merde, mais l’instance qui réunit les plus grands experts des biotechnologies.
Alors, quoi ?
Ben,  la titraille du Parisien du 05 mars 2010 résume à la fois le contexte de crise et les enjeux de sa gestion :

• « Soupçons sur l’indépendance des experts OGM de Bruxelles »
• « Nous ne reconnaissons pas leurs expertises » … C.Jouanno, Secrétaire d’Etat à l’écologie.
• « Les chercheurs face au principe de précaution »

Et ce n’est pas « l’affaire H1N1 », véritable « fiasco » de gestion d’une épidémie de grippe, silencieuse et invisible, rapportée par les média, qui contredira la tendance à la révocation en doute de toute expertise dès lors qu’elle est proche du milieu étudié.
Les corrupteurs que sont les industriels s’amuseraient donc à détruire la crédibilité des experts en les achetant.

Les minorités opposantes et conquérantes, au regard de certains sujets sensibles, prônent donc l’indépendance en s’exonérant ainsi des mêmes reproches de partialité qu’on pourrait leur faire. Mais leur logique de pouvoir est sans doute plus respectable que celle de l’argent !
C’est pourquoi, on peut juste mettre en garde l’opinion publique sur l’indépendance d’experts qui seraient plus militants que compétents.

La confiance ne se décrète pas, cet équilibre précaire, se construit et s’entretient par la transparence et la loyauté, comme par la multidisciplinarité nécessaire à l’évaluation de sujets complexes et multifactoriels. Dès lors qu’on déclare l’opposition « à priori », on met en place une logique d’affrontement, où un camp doit gagner sur un autre au « même » mépris de l’intérêt collectif. Mais la nouvelle lecture du rapport Bénéfice/Risque, qui tend à montrer que les risques sont de plus en plus encourus par les populations au profit de quelques uns, est l’un des principaux moteurs des peurs et non la garantie de progrès, d’innovation et de recherche.

Recherche d’ailleurs le plus souvent dénoncée sans conscience et qu’il convient alors d’encadrer par une loi inhibitrice et tétanisante. Ainsi l’expertise dans l’univers des OMG ne peut plus éclairer l’avenir et les processus décisionnels. Les structures- garantes des différents intérêts collectifs - sont jugées peu fiables  et même agissant contre l’avis des pays membres et de leur opinion publique ?!? Comme si ces malheureuses sociétés civiles étaient capables de trancher en dehors de choix personnels fondés sur des raisons idéologiques.

Ainsi, nos représentations mentales sont nourries de bribes d’information que l’on relie ou que l’on nous fait relier pour donner sens à des données multiples, contradictoires, complexes… et donc « risquées ».
Nous perdons les repères d’une analyse pluraliste, multidisciplinaire et le sens de l’intérêt commun pour ne dénoncer- en tout domaine -  que l’exclusif intérêt de firmes commerciales.
Douter de tout, ne plus espérer de la science, ne plus se projeter avec quiétude dans l’avenir des hommes c’est renoncer à la confiance et la paix sociales… car nature n’est pas toujours un doux guide.

Soyons plus exigeants et puisque nous ne pouvons plus croire, sachons savoir, c’est-à-dire apprenons à objectiver, et croiser les infos.
Pour être plus éclairés, il nous faudra accepter la complexité et la révélation d’enjeux plus ou moins contradictoires nécessitant une hiérarchisation de nos priorités.

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