Pandémie promise, pandémie due !

Nous serions atteints, nous, opinion publique de Pandémie fatigue ! Entendez crainte des spécialistes en virologie du monde entier quant à la démobilisation de cette société face et lasse de « s’entendre menacée d’un risque de pandémie aviaire qui tarde à arriver ».
C’est vrai ça qu’avec nos petits poings rageurs et en tapant du pied nous « exigeons » ce qu’on nous a tant promis : du H5N1 sinon rien !

En effet, pendant que l’OMS, les Etats, les fabricants de vaccins et les spécialistes de virologie demeurent sur le pont, de peur que le scénario grippe espagnole de 1918 ne se reproduise avec ses 40 millions de morts… nous, on s’en moquerait.
Mais pis encore, le Pr. R. Booy, directeur du Centre de recherche sur l’immunisation de Sydney, ne se remet pas de son « test » hautement scientifique et qui mérite d’être rapporté dans les colonnes du Monde du 20/09/08.

Figurez-vous que lorsqu’il a demandé aux mille congressistes de la troisième conférence sur la grippe organisée à Faro (Portugal) combien « croyaient » à la pandémie en 2009… Moins d’un quart se sont « risqués » à prendre le pari !
Combien dans les 5 ans ?… Là 2/3 des mains se sont levées, ouf ! En attendant le jour où la totalité se rendra à l’évidence, bien sûr, parce que les prophètes de malheur finissent toujours par avoir raison.
Le problème est que la société civile incrédule, fatiguée des effets d’annonce, n’attend pas des scientifiques et des experts qu’ils se transforment en prévisionnistes météo (pourtant plus fiables) ou en bookmakers et qu’il lui paraît dérisoire de savoir s’ils « y croient » ou « n’y croient pas ».

Nous savons, bien entendu, que la menace est réelle voir inéluctable, mais en même temps les mesures nous semblent dérisoires au regard du risque encouru. Nous sommes usés des héros qui nous « garantissent » des mesures pertinentes dont les simulations sont désastreuses et les outils indisponibles.
Car il nous arrive de penser, d’autant que certains d’entre nous n’ont pas eu de contre-indications aux études supérieures, alors…
- de l’antiviral pas toujours efficace - lit-on - et gardé par l’armée…
- des masques pas adaptés, s’insurgent des experts, pour des professionnels d’abord peu ou pas formés - se plaignent-ils…
- et pas forcément motivés pour un remake de « Monsieur Vincent » par temps de peste aviaire…
Et bien, tout ceci ne nous parait pas être très glorieusement efficace.

Ainsi, il est vrai que nous ne « voulons » plus y penser puisque l’essentiel n’est ni confessé et les conséquences pas intégrées.
C’est pourquoi, l’erreur stratégique (qui consista à confondre danger et risque et à laisser se développer l’épizootie H5N1 en une véritable panzootie pour - aujourd’hui - constituer une véritable menace) ne nous a pas échappé, pas plus qu’aux sénateurs dans leur rapport (voir blog….)

Mais qui donc a engagé un REX*, consulté l’opinion publique et décidé de nous préparer ?
Depuis plus de trois ans, nous aurions pu comprendre le mécanisme de « chaîne de contagion »; nous approprier les premiers « bons » réflexes ; nous sensibiliser à la gestion ou à la résistance au phénomène de panique et enfin apprendre à constituer un stock de survie pour réaliser au mieux notre « confinement ». Quant à nous rassurer faussement par un vaccin prépandémique qui sera totalement inefficace sur le H9N2 ou le H7N7 et quant à l’interrogation de nos experts qui se demandent à quoi ça sert qu’ils se décarcassent ?… Nous paraît surréaliste !

On a envie de leur répondre que tout est déjà prévisible et sera bientôt dénoncé au déclenchement de la future pandémie « incontrôlable » :

• Marre de faire faire des bénéfices à l’industrie pharmaceutique,
• Marre que vous vous trompiez de stratégie,
• Et marre d’avoir peur, parce que vous nous faites le coup régulièrement : sur-réaction et sous-réaction.

C’est et sera la systémique de crise et nos chroniques d’une crise annoncée.
Hélas, à force de crier au loup… on en verra la queue, c’est sûr, et dans un désordre innommable.

La gouvernance des risques impose que nous fassions entrer le management des risques dans notre culture. Le management de crise des politiques et des experts fait et défait des images, médiatise de faux héros… mais qui s’en souvient ici. Un virus « inconnu » pourra faire le tour de la planète en 36 heures, des virus extrêmement pathogènes pour les oiseaux pourront, un jour, muter et nous serons encore plus désespérés d’avoir été abusés.

Bien sûr que nous ne sommes pas prêts pour la pandémie H5N1, malgré un plan gouvernemental que le monde nous envie, mais le drame est que nous avons raté une exceptionnelle occasion de nous mobiliser pour former et protéger les populations qui ne savent toujours rien quant aux bons ou mauvais réflexes et comportements à adopter.
L’illusion de sécurité est pire que l’absence de sécurité car elle tue la vigilance.
Et en plus on nous en remet des couches et des couches puisque tous nos ministres nous proposent de dormir tranquillement pendant qu’ils veillent.

La France est un pays magique puisque d’épaisses murailles invisibles le protègent de tout, hier d’un nuage toxique, aujourd’hui d’un séisme financier et demain d’un très vilain virus.

 

*Retour d’Expérience

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