Savoir, quand on ne peut plus croire à la parole « magique »…
Ce matin sur Europe1, l’interview du Maire d’une localité sinistrée après les exceptionnelles et importantes chutes de neige, était pathétique… Et toujours la même interrogation, comment en est-on arrivé là ? Les alertes ne sont ni signifiantes, ni efficaces… malgré leur déclenchement.
En effet, des voitures abandonnées, des centaines de personnes hébergées, malgré les « vigilances oranges voire rouges » de Météo France.
« On a beau déclencher des plans d’urgence - disait l’élu - cela ne fonctionne pas. Au Canada par exemple, comment font-ils - ajoutait-il encore - ne peut-on apprendre et s’en inspirer… »
Voilà une idée qu’elle est bonne ! Apprendre des autres, situations passées et pays étrangers pour éviter la catastrophe ou la crise.
Enfin, s’interroger sur les alertes, qui, une fois lancées, ne sont suivies d’aucune recommandation ou de conseil que chacun pourrait « s’approprier ».
Cela s’appelle la sensibilisation à la gouvernance des risques.
Mais le raisonnement est toujours le même et s’avère pervers au moment de l’évènement.
Des épisodes neigeux comme nous en avons connus cet hiver 2009/2010 sont extrêmement rares, au Canada c’est tout les jours.
Chacun s’exonère, alors, de toute responsabilité par la rareté du phénomène qui ne peut bénéficier d’une prévention coûteuse et pas seulement en budgets.
Pourtant le rapport Bénéfices/Risques/Coût reste t-il toujours en faveur des crues, tempêtes centenaires ?
Et que fait Météo France ? Ce qu’il faut ! Mais il n’est pas de sa mission de former les populations et de recommander le déclenchement préventif des plans d’urgence.
Alors ?
Alors, il faudra lutter contre ces idées reçues qui font croire que diffuser une alerte c’est communiquer sur les mesures à observer pour se prémunir. Il faudra admettre que seule la scénarisation - Source/Nature et Conséquences - de l’évènement pourra permettre la mise en œuvre de plans adaptés, l’intervention efficace d’équipes entraînées et la communication aux populations formées à la prévention des risques.
Si nous ne faisons pas entrer le management dans notre culture, nous devrons accepter de vivre ces drames répétitifs avec colère, indignation et impuissance.
Développer les REX et la mémoire des risques devient une urgence et l’enseignement de la cindynique, une nécessité.
Les milieux industriels ont « appris », l’institution hospitalière s’ouvre de plus en plus à l’acceptabilité des risques et la protocolisation des soins dans un souci de sécurité des patients… Mais la prévention des catastrophes ne pourra jamais se faire sans une prise de conscience et une éducation des populations au management des risques. Encore faut-il vouloir et pouvoir développer ces démarches diagnostiques et d’anticipation en révélant les enjeux, rien que les enjeux mais tous les enjeux.
Et là, la transparence et la loyauté seront mises durement à l’épreuve. C’est aussi cela la crise, découvrir qu’on ne peut plus faire confiance à ceux qui nous avaient demandé de les croire et de leur confier notre « quiétude ».
La confiance sociale est un équilibre précaire… et depuis des années, rien ni personne n’a travaillé à sa restauration. Alors quant au peu d’enthousiasme pour les élections et le développement de l’abstention comme le choix du bulletin nul… Ceci explique sans doute cela !
