Apprendre à contrer les arias
Aujourd’hui c’est l’anniversaire de la catastrophe industrielle de Bhopal. A ce jour la plus grande catastrophe industrielle. Il est majeur de ne pas oublier ce qui s’est passé, pour que cela ne se reproduise jamais, à condition d’en tirer des enseignements salutaires.
Sur le site de L’Express on découvre ce que l’hebdomadaire écrivait le 14 décembre 1984 soit près de 11 jours après l’explosion : « L’Inde enterre ses morts et crie sa colère. L’autre lundi, en pleine nuit, une explosion secoue la ville de Bhopal, la capitale du Madhya Pradesh, un million d’habitants, au centre du continent indien. L’un des trois réservoirs souterrains de l’usine du géant américain de la chimie Union Carbide vient de sauter. L’isocyanate de méthyle, un liquide extrêmement toxique, s’est transformé en gaz et a envahi Bhopal sur près de 25 kilomètres. L’apocalypse commence. Les rues et les maisons sont transformées en “chambre à gaz”. Des milliers de victimes sont mortes asphyxiées. Des dizaines de milliers d’autres ont la peau et les yeux brûlés. » Ce matin sur Europe 1 Brigitte Béjean évoquait l’intérêt des lanceurs d’alerte mais encore faut-il qu’ils soient entendus. L’Express de 1984 rapportait également que « le journal local en langue hindi “Jansatta” consacrait une enquête aux problèmes de l’usine Union Carbide de Bhopal. Les réservoirs avaient déjà laissé échapper des gaz toxiques et il y avait eu plusieurs morts. Les syndicats avaient officiellement protesté. “Jansatta” titrait même “Bhopal sur un volcan”. En vain. » Absence de retour d’expérience, ignorance des lanceurs d’alerte : les catastrophes ne sont pas prêtes de se tarir. Est- on condamné aux accidents industriels ? Si on en juge par la base de données Aria qui les recense, plus de 35 000 accidents sont survenus en France ou à l’étranger heureusement pas aussi dramatiques par leur ampleur que celui de Bhopal. Selon la définition d’Aria, il s’agit d’ « incidents ou accidents qui ont, ou qui auraient pu porter atteinte à la santé ou la sécurité publiques, l’agriculture, la nature et l’environnement. Pour l’essentiel, ces événements résultent de l’activité d’usines, ateliers, dépôts, chantiers, carrières, élevages au titre de la législation relative aux Installations Classées, ainsi que du transport de matières dangereuses. » Les inspections des installations classés prennent en compte les limites du dispositif de réduction des risques à la source et les mesures correctives à mettre en place selon les directives Seveso. Mais si les risques techniques sont repérables et le retour d’expérience d’une aide précieuse, en revanche ceux que l’on aurait tendance à sous estimer sont les risques liés au comportement, donc au facteur humain. Or pour éviter les arias, la prise en compte de l’un ne peut aller sans l’autre. C’est ce que nous ont enseigné plus de 25 ans d’activité dans des secteurs sensibles.
