Grippe aviaire : le retour

sans-titre-numerisation-01.jpgLa grippe aviaire revient en force depuis quelques jours. C’est d’abord Libération de vendredi dernier qui avec un titre alarmiste « le risque de pandémie couve » nous fait remonter plus de deux ans en arrière avec un contenu des plus alarmistes. Encore une fois le mélange des genres pandémie humaines-épizootie est allègrement entretenu.

C’est encore Didier Houssin Directeur Général de la Santé et Jean Philippe Derennes chef du service de pneumologie de l’hôpital de La Pitié et auteur du livre « Pandémie : la grande menace  500 000 morts» qui se chargent d’enfoncer le clou de la prévention d’un risque qui va bien finir par arriver à force de crier au loup et surtout de ne pas traiter le problème à sa source.

Libération nous apprend que dans certains pays le virus n’a pas disparu mais qu’ « il est endémique » comme en Asie. En Indonésie « le premier foyer mondial fait face à une maladie de plus en plus virulente », qu’en Egypte on est confronté à « une situation endémique », qu’au Nigéria, « le virus gagne du terrain », qu’au Vietnam c’est « le retour des vieux démons », alors qu’en Chine ce serait « des chiffres sous évalués » qui sont communiqués par les autorités.

La mise en page est structurée autour de la carte des foyers mettant bien en évidence le nombre de personnes touchées et des morts symbolisés par les figurines correspondantes s’alignant les unes à côtés des autres. On en frémirait presque !

En France notre préoccupation n’est pas de comptabiliser le nombre de victimes, non c’est plutôt de s’enorgueillir de notre « milliard de masques en stocks », en oubliant de préciser que ces masques se périment et qu’on est obligé de les jeter puis de les remplacer. On thésaurise ensuite du Tamiflu qui permet « aujourd’hui de traiter 33 millions de malades ». Ce Tamiflu serait certainement plus utile dans les pays affectés que dans les hangars de stockage de l’armée d’autant plus qu’il a aussi une date de péremption. Le groupe suisse qui le fabrique va réduire, selon Libération, une capacité de production jugée trop importante, 400 millions de traitement alors que les commandes avoisinent seulement 215 millions.

Est-ce le début d’une nouvelle contagion médiatique. On a tous les ingrédients pour le penser. Le nombre de foyers se multiplient dans le monde et la grippe aviaire réapparait chez les oiseaux en Europe, notamment en République Tchèque (élevage) et en Allemagne (oiseaux sauvages) d’après Le Figaro du 25 juin. Il n’y a pourtant qu’une très faible probabilité que les foyers de virus aviaires s’étendent dans nos élevages où les services vétérinaires restent sur le qui-vive afin de prendre en compte la moindre alerte par la mise en place de mesures sanitaires appropriées.

Non le danger est depuis 2003 dans les pays qui n’arrivent pas à venir à bout de foyers qui deviennent endémiques, pays qu’il faudrait massivement aider. Ce sont ces régions infestées qui ont besoin de moyens tant humains que techniques pour venir à bout de foyers hélas de plus en plus nombreux. Le risque de développement d’une pandémie est bien identifié mais le diagnostic est mal posé. La source est encore aviaire, mais pour combien de temps.

Nos dirigeants ne pourront pas dire qu’ils ne savaient pas !

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