Le remède anti-couacs ? Silence !

Le Président a des amis, beaucoup, trop peut-être ? Il est fidèle, dit-on, et franc, à ce titre il peut être bougon et franchement en colère. Alors, rapporte –t-on il s’emporte… Alors à quand son coup de gueule légendaire contre ses amis-conseils en communication ?

Ils ont le tout Paris derrière eux, les journaleux à leur botte et les stars en réserve. Ils font et défont les images, poussent ou retiennent ceux qui ne sont pas de leur bande. Ils parlent beaucoup, beaucoup trop, s’octroient des médailles, organisent des guets-apens amoureux, revendiquent leur succès en se répondant dans les média.

Ils ne font pas bien parler leurs clients mais parlent d’eux-mêmes, très bien, au travers de leurs clients. Ils participent aux mélanges des genres qu’ils dénoncent au premier scandale médiatico-médiatique. Ils ont l’indécence de raconter leur intimité et l’outrecuidance de penser que cela nous intéresse. L’image est pitoyable, celle de leurs clients… bien sûr ! Et pourtant, ça marche pour eux ! Quand on attendrait des résultats, ils répliquent alors que c’est bien difficile et que la communication ne peut rien sauver, comme si l’on répondait, à l’hôpital, à un malade qu’il serait temps de voir un médecin !
Entre Saussez et Séguéla, mon ressentiment balance. Ces airs entendus et suffisants, arrogants et péremptoires pour tout expliquer – sauf leurs échecs – m’agacent. Jamais de remise en question pas, même une interrogation…

Nous ne faisons pas le même métier, sans doute. Spécialisée dans le management de risques, la gestion de crises et la communication d’urgence, j’ai appris l’humilité. Celle qui donne de l’humanité et de la discrétion. J’ai appris qu’il n’y avait pas de bonne « com’» sans une stratégie de gestion des situations sensibles. La communication c’est d’abord du contenu. C’est aussi le respect, à commencer par celui de son client. Il n’y a pas de transparence sans loyauté et de confiance sans un travail acharné et des résultats ! Je n’aurais plus de clients si je devais leur dire que dans la situation de crise où ils sont, ils sont devenus inaudibles !

Il faut tenter de comprendre, repérer, analyser les dysfonctionnements, anticiper par l’identification des alertes et mettre en œuvre une stratégie. La communication est un outil, un moyen privilégié d’une stratégie. Quand elle prend la main, elle conduit n’importe où. Il est alors aisé avec de bons mots d’asséner que la presse « lèche, lâche et lynche » quand on constate simplement qu’à mauvais communicants/ mauvaise presse.
Cette complicité désastreuse entraîne chacun des acteurs dans une crise que la société civile a bien du mal à faire prévaloir puisque l’accès aux média est tenu par ces fameux compères.

Quand les journalistes sont capables de bidonner des reportages ou d’annoncer la mort d’un bien vivant pour faire un scoop, nous constatons, nous lecteurs, auditeurs et citoyens que ce cirque nous lasse et que la crédibilité de ces acteurs est nulle.
Alors, encore et encore nous aurons droit à quelques émissions sur les « relations dangereuses » de la presse avec le pouvoir ou sur l’éthique des média.
La communication tourne en boucle, elle est « sujet »… objet de leurs préoccupations mais malheureusement plus des nôtres.

Quand un pays perd la qualité de sa presse, quand la presse constate la désaffection de ses lecteurs, quand les animateurs se prétendent journalistes et que les rédacteurs font des ménages, la démocratie fait bling bling et ça fait beaucoup de bruit pour rien.
Quand la communication est à l’inverse des valeurs sociétales exprimées et des promesses politiques, il faut peut-être s’interroger sur les consultants. Trop de conseillers tue le conseil et fait de l’intelligence un gros mot et de la réflexion, hélas, un principe d’inaction.

Ma communication à moi c’est comme l’école française d’équitation : en avant, calme et droit !

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