I comme ignare !

… Et entendez ignorant, inculte et surtout « qui n’a reçu aucune instruction » !
Alors, heureux niais qui pourrait avoir le taux le plus bas d’assertivité à l’ordre établi, la hiérarchie, l’Autorité.
Ainsi, Zone Extrême, « reportage » « édifiant, exceptionnel, à ne pas manquer », revisite en fait l’expérience de Stanley Milgram, docteur en psychologie sociale.
Ces commentaires dithyrambiques semblent ignorer l’excellent film d’Henri Verneuil où un procureur (Yves Montant) plongé au cœur de « l’expérience » attendra le niveau de 175 volts pour s’émouvoir et s’interposer entre le « châtiment, la sanction » et la victime. Ainsi, dans I comme Icare, c’est la science qui semble imposer le rôle de bourreau, par l’excès d’autorité du « Su », à celui qui va se soumettre à cette autorité.
« 63% des sujets sont obéissants, c’est-à-dire qu’ils acceptent totalement le principe de l’expérience et vont jusqu’à 450 volts ».

« Ce qui signifie que dans un pays civilisé démocratique et libéral, les 2/3 de la population sont capables d’exécuter n’importe quel ordre provenant d’une autorité supérieure » répondait Montant procureur au scientifique.

Ainsi que les conclusions de l’expérience de Milgram sont :

1.des gens ordinaires peuvent se transformer en bourreau en abandonnant leur conscience au profit d’une Autorité à laquelle ils ne pourraient s’extraire.
2.chacun porte en lui cette dualité simultanée et inconsciente de pouvoir être victime et bourreau de cette manipulation.
3.il convient de réfléchir pour développer la résistance à la notion d’obéissance  aveugle et éviter la soumission totale à l’Autorité « supérieure ».

En 2010 que la TV, et spécifiquement la « TV réalité », puisse se substituer à une puissance autoritaire est un sujet passionnant dès lors qu’il est replacé dans ce contexte historique, socioculturel et expérimental.
Mais les producteurs se défendent de poser le problème ainsi. Ils ne veulent pas dire - par l’intermédiaire de leurs psychologues, philosophes et autres experts de contrôle bonne conscience - que la TV serait une autorité légitime à prescrire des ordres.

Non en dénonçant les mêmes résultats qu’a la première expérience de Milgram, ils « montent » un programme de TV réalité encore plus pervers et insidieux, puisque chacun des participants viendra s’expliquer devant les caméras. Personne n’explique d’ailleurs comment ces malheureux cobayes n’ont pas été protégés de la vindicte, si ce n’est populaire, au moins de leur entourage en les laissant témoigner à visage découvert…

Mais ne serait-ce pas là la « fameuse sanction » de la TV réalité ?
Les exploiteurs de la psychosociale, au profit de la bonne conscience collective et de leur intérêt de carrière et d’audience dénoncent quelques acteurs en mal de notoriété à qui finalement on donne accès à cette étrange lucarne… moyennant un contrat autorisant la chaîne à les exposer !

A se demander combien ont-ils été payés pour devenir l’illustration de salops ou « d’abrutis » dénués d’éthique et de responsabilité individuelle.
Ça pue !

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