Le H1N1 A(2009) pdm et l’infection nosocomiale

Alors que la première phase de vaccination contre le  H1N1 pdm est initiée pour le personnel hospitalier depuis hier, on assiste dans les media à un curieux jeu entre les médecins pro vaccination et les anti, chacun donnant ses excellentes raisons de se faire ou non vacciner. Dans Le Figaro du 20 octobre, on pouvait lire Emmanuel Hirsch, directeur de l’espace éthique de l’APHP. Pour lui « la controverse actuelle au sein des professionnels de santé est révélatrice d’évolutions qui peuvent interroger voire inquiéter ».  D’ailleurs, il s’étonne que « les données validées par les instances nationales et internationales compétentes fassent l’objet d’un déni ou d’une contestation souvent étayée par des a priori scientifiquement non fondés. » Alors on s’interroge à la lecture du Parisien du 21 octobre du témoignage de Patrick Pelloux médecin urgentiste : il n’y a « aucune preuve de l’intérêt de ce vaccin. » D’ailleurs rajoute t-il « si je tombe malade, je resterai chez moi, je n’ai donc pas peur de contaminer les gens. » Le même raisonnement est développé dans ces mêmes colonnes par les Professeurs Lantiéri et Khayat. Et bien moi je trouve cette position extrêmement dangereuse pour un médecin. Ils devraient prendre connaissance du livre intitulé « les infections nosocomiales virales », en particulier le chapitre rédigé par Michèle Aymard et Bruno Lina portant sur « Le virus de la grippe ». Ils découvriraient que « la transmission de la grippe se fait essentiellement par des aérosols de gouttelettes de salives (micro-gouttelettes de Pflügge) émises par une personne contaminée notamment lorsqu’elle éternue. Les sujets contacts s’infectent en inhalant l’aérosol produit par les personnes infectées […] Au cours du passage dans les voies aériennes supérieures, les virus infectent les cellules épithéliales de la muqueuse respiratoire. Cette étape représente la première phase de l’infection grippale. Le virus se multiplie alors silencieusement dans l’oropharynx du patient pendant vingt quatre a quarante huit heures pour atteindre un titre entre 10 4 et 10 8 par ml de sécrétion nasopharyngée. Le patient asymptomatique au début de la maladie est extrêmement contagieux. » Alors  docteur Pelloux, lorsque vous aurez les premiers symptômes de la grippe et que vous resterez cloîtré chez vous,  vous aurez eu, hélas, le temps de contaminer quelques uns de vos patients.

Il est intéressant de noter que le Conseil de l’Ordre des Médecins dans son bulletin de septembre-octobre rappelle que : « la participation des médecins aux actions de santé publique est un devoir déontologique » et que « aujourd’hui face à une telle pandémie, il est du devoir des médecins, premièrement d’être en état de travailler, deuxièmement de ne pas être le vecteur de la maladie, et enfin d’avoir un comportement exemplaire en protégeant les individus et les familles. »

Quand on voit la résistance de certains personnels de santé à observer les recommandations  pour lutter contre les infections nosocomiales, (cf. l’article paru dans PNAS du 19 octobre et titré « Peripatetic health-care workers as potential superspreaders ») http://www.pnas.org/content/early/2009/10/16/0900974106.abstract?sid=1f87081e-a16b-4ec2-ae1a-346965ae0496 on peut comprendre la résistance de quelques autres pour une vaccination qui, pourtant, a pour vocation non seulement de se protéger, mais aussi de protéger les autres. Il faudra bien un jour que l’on s’interroge au pays de Pasteur sur la réticence  qu’ont les français à se faire vacciner. Chaque année, dans d’autres pays on meurt de ne pas avoir suffisamment de vaccins.

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