Délire sécuritaire et Etat providence…

Tous les cindynistes vous le diront… L’illusion de sécurité est pire que l’absence de sécurité. C’est la vigilance constante qui permet le repérage des signaux faibles, pour anticiper, ou l’identification de l’alarme, pour corriger les dysfonctionnements, et placer les situations sous contrôle.
Ainsi, le patron de la SNCF nous promet des caméras infrarouge autour du Stade de France, afin d’interrompre la circulation des trains dès la moindre intrusion sur les voies pour éviter l’accident, le drame. Et pourquoi seulement au Stade de France ?

Voilà bien l’illustration des comportements singuliers des pouvoirs en temps de crises. Après la sous-réaction… la sur-réaction et les déclarations fracassantes :

1.Montrer qu’on prend des mesures pertinentes,
2.Etre transparent pour qu’on ne puisse pas vous reprocher de ne pas avoir dit,
3.Rassurer l’opinion.

Le problème est qu’aucune mesure ne sera pertinente au regard du risque encouru dès lors qu’on ne voudra pas mettre en place une gouvernance de risques c’est-à-dire une pédagogie de la crise et donc une responsabilisation de la société civile et de chacun d’entre nous.

Se précipiter sous la pression médiatique à des déclarations hypothétiques, sans enquête, nourrit les logiques d’affrontement et la victimologie rend inaudible le discours de la raison et de l’évaluation.
Les média qui surfent sur l’émotion ne vont pas tarder à nous demander ce que nous pensons des défaillances de ce la SNCF.
Entretenir l’illusion du risque nul, par la recherche de l’acteur solvable et le retour de l’Etat providence va nous maintenir dans le délire sécuritaire.
Il y a quelques fondamentaux sans lesquels aucune organisation sociale ne peut fonctionner. Il est interdit d’ouvrir les armoiries EDF et de marcher sur les voies ferrées… au risque d’y perdre la vie !

Il est temps d’éduquer à la gouvernance des risques et de distinguer la perception du risque subi - et son cortège de radicalisation judiciaire - et celle du risque librement consenti.
Ce drame est banalement triste et inhérent à des priorités dérisoires «  attraper son car » en même temps qu’un manque de réflexion sur la « desserte » du Stade de France.

Ce ne sont pas de fausses réponses qu’il faut exiger mais une analyse à partir de bonnes questions pour recréer les réflexes élémentaires de sécurité et une maîtrise de risques parfaitement réussie.
Sinon demain aucun site de production, aucune organisation ne pourra se prévaloir de quelques politiques de sécurité. N’entretenons pas une exigence de sécurité plus forte que la sécurité possible.

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